• Fiston et moi nous remettons de ces mois passés. Il y a tant à récupérer en énergie, émotion et calme, tant d’ordre à mettre concrètement dans les affaires de ma mère et tant à trier de partout. Comme il est étrange d’avoir le temps de sentir les angoisses aller et venir, de savourer le calme à la maison retrouvé , le temps de rappeler les amis et connaissances, de les visiter, de réaliser tout à coup que quelques vraies vacances seraient plus que bienvenues.  Une tension qui lâche pour laisser face à une expérience tout à fait nouvelle entre soulagement et perplexité. Que de vastes sujets à aborder et partager alors que la vie continue avec son lot perpétuel de nouveautés,  surprises, péripéties et répétitions. Puis quand ce sera le moment, que la mouche me piquera, je compte revenir par ici et tout revoir. Les années passent, je change, mon regard évolue et le blog reste un instantané dépassé sur certains points. Je sens de plus en plus cette envie de m’atteler à tout revoir. Reste à prendre ce temps alors que la vie est tellement pleine par ailleurs. Un jour, plus tard, peut- être...


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  • Et voilà, Maman est morte hier soir, chez nous, dans un souffle, tranquillement, discrètement alors que nous discutions dans la pièce à côté.
    Elle est partie à l'heure du dîner; elle qui aimait tant manger, j'espère qu'elle trouvera un grand festin avec ceux qui l'ont précédée.


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  • Désolée, je n'ai le temps de rien... même pas de pleurer.


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    Les prétendues longues vacances arrivent à leur fin, le constat est simple: vivement que je retourne au travail parce que là, je suis lessivée.

    Les semaines ont filé à grande vitesse sans que le minimum des travaux prévu ait été bouclé. Seule la réparation de la table du salon est une réalité bien qu’elle m’ait pris plusieurs heures en raison du manque de force de mes petits bras pas musclés et de la fatigue accumulée à s’occuper du quotidien entre ma mère et mon fiston décidément ado geek à fond. Je résume en général la situation avec ces quelques mots:

     

    Je vis seule et j’ai du travail pour quatre.

     

    Les services à table sont très révélateurs:

    • En ce qui me concerne, c’est petit déjeuner entre 8h30 et 9h, déjeuner entre 12h30 et 13h, collation vers 16h30 et dîner entre 19h et 20h.

    • Pour ma mère, c’est petit déjeuner entre 10h et 13h, déjeuner entre 14 et 16h, collation à n’importe quelle heure selon ses nausées et envies subites, dîner entre 18h et 20h, bol de lait autour de 22h.

    • Pour fiston, c’est l’anarchie complète vu qu’il vit décalé déambulant souvent la nuit à côté  de mon lit désormais dans le séjour pour aller combler ses creux nocturnes.

    Soit un minimum de huit services par jour… Autant dire que j’ai bien du mal à sortir de la vaisselle et des casseroles.

    Comme je suis en vacances, ma mère a décommandé les aides à la toilette parce qu’elles arrivent trop tôt pour elle et lui coûtent trop cher. Je m’occupe ainsi de ses levers, couchers, toilettes, douche, habillage, déshabillage, ongles, soins de peau et autres réjouissances.

    Sortir, rencontrer des amis, voir et entendre d’autres horizons est compliqué vu que je ne peux laisser ma mère seule longtemps quand dans mon quotidien habituel, je suis constamment en relation avec une foule de personnes multiples et variées, jonglant d’une langue à l’autre, d’un environnement à l’autre.

    Pour couronner le tout, en cerise sur le gâteau, des revenus riquiqui insuffisants étant donné qu’ils couvrent à peine les besoins fondamentaux. La rentrée du fiston à venir, quand elle me passe à l’esprit, m’interpelle: comment la passer sans y perdre des plumes? Comment simplement venir à bout des dépenses élémentaires?

    Je suis donc employée multiservice gratuite invisible 24h sur 24, lot de ceux qui travaillent sans gagner d’argent,  ni ne cotisent.

    Avec cette expérience, votre fée n’est évidemment pas en reste et du coup,  j’ai BEAUCOUP à rapporter, raconter , le tout accompagné d’un flot de remarques et réflexions. Puisse le temps et l’envie me permettre de m’y atteler à la hauteur de l‘agitation de ma caboche.

    A bientôt?


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  • Belle entrée en matière avec les Eurockéennes auxquelles je tenais. Sur deux jours, profiter au maximum des concerts et de la prise en charge bienveillante. Alors que je passe mon temps à m’occuper d’autrui, quoi de mieux que de se faire bichonner deux soirées. Certes, les allées et venues, les kilomètres et les couchers tardifs n’ont pas aider à renflouer l’énergie branlante,  ce me fut néanmoins un nourriture plus que bienvenue.

    Au dimanche suivant, constater une fuite sous l’évier que nul autre n’a vu alors qu’il y avait  au moins trois personnes sur place en mon absence. Le meuble posé l’an passé a gonflé et l’assurance m’assure son remplacement en me virant l’argent de sa valeur (trop honnête, je n’ai pas su profiter de l’occasion pour y trouver quelque avantage). A moi de le commander, récupérer et installer, comme une grande fifille indépendante et débrouillarde que je suis.

    Aux douze premiers jours, travailler en mode plus que temps complet vu que ma collègue a dépassé ses heures et qu’il m’en manque, je l’ai donc remplacée. Vu la situation de l’employeur, il est préférable d’être en ordre, la fin d’année a été chaude, la rentrée promet également, aille, aille!

    Dès l’entrée en vacances ( dont je ne me réjouissais guère), gestion d’un groupe de geeks au nombre de huit, tous dans notre séjour à jouer, se connecter, s’étaler sur le lit, ronfler, se serrer, se taquiner, râler, boire et manger toute la nuit. J’étais contente de les revoir, ils sont chics et ces retrouvailles entre potes se passent bien, dans une bonne ambiance, respectueuse; cela me demanda quand même bien du travail surtout que le problème de fuite sous l’évier continuait malgré les premiers changements de pièces qui à eux seuls mériteraient déjà un récit.  

    Alors qu’habituellement, les vacances sont l’occasion de régler ce qui traîne, relégué par le quotidien, j’ai cette année à peine eu l’occasion de nettoyer les placards, les tiroirs, les rideaux car  au quotidien, j’ai à assister ma mère  mal en point, fragile, nécessitant de l’aide en tout, à la toilette, l'habillage, le lever, le  coucher, à vider le vomi et les poubelles débordantes de ses impossibilités à maîtriser, ramasser les mouchoirs dispersés, préparer à manger, faire le linge multiplié par quatre, le ménage en passant derrière elle qui ne peut plus rien, ni écrire, ni même ouvrir un bouchon de bouteille et laisse des dégâts liés à son état et ses traitements mahouss costauds, plus  les courses, le chauffeur ponctuel et gérer un fiston abruti constamment devant son ordi avec les copains, décalé à vivre de nuit et dormir de jour avec la sale manie de négliger son hygiène corporelle, l’ordre et la propreté de sa chambre ( je caricature car en vérité, il s’occupe aussi de sa mémé avec attention dans les compétences qui sont les siennes).

    Chercher des solutions d’organisation, de rangement avec son installation prolongée chez nous, dans un appartement petit et encombré, perçant, déplaçant et surtout renonçant à toute intimité en ce qui me concerne hormis les passages à la salle de bains.

    Régulièrement, aller à son appartement qu’elle ne veut pas lâcher alors qu’elle n’y retournera pas, y apporter à manger au chat, angoissé, sauvage, resté seul chez elle, ramasser ses urines, crottes et vomis ( tiens tiens...) , arroser les fleurs, trier l’alimentaire qui y reste,  chercher le courrier, en rapporter des vêtements et des bricoles.

    Faire avec une frangine chaotique et aléatoire en mode mal en point habituel pour couronner le tout et bien que diagnostic et traitements  se posent, elle n’en reste pas moins un souci récurrent.

    Tâcher, quand j’en trouve le temps et l’énergie, d’aller faire un tour au jardin partagé où je n’y comprends rien et constate que les grands discours aux thèmes généreux ne désherbent pas, ni n’arrosent, paillent, plantent, replantent, entretiennent. Une expérience à relater, révélatrice de la schizophrénie ambiante.

    Dans les hautes températures ambiantes, prendre froid ( et oui, on ne se moque pas) avec à la clé, un vilain rhume qui me cloue au lit, somnolente 48 heures, la respiration pénible sur des jours et une grande lassitude persistante que la prise de fer ou de vitamines ne change en rien. Tisane, grog, soupes... au sein des 30° ambiant, c’est limite grotesque.

    Heureusement, des anges veillent au grain. Visite express de Floflo, surprise de Véronique, festin avec Delphine, Vincent et Ludivine,   appels fréquents de mes amis Michèle, Bruno, Anne- Magali ainsi que les belles nouvelles de Marie- Virginie… entre autre.

    Parce qu’après ce tableau en pointillé d’une situation plus complexe et compliquée qu’elle n'apparaît ici, j’ai envie de dire que je reste d’un calme intérieur olympien, que je vis au jour le jour dans la joie. Il y a la musique, les lectures dont l’excellent Causette, la Médiathèque, les films et séries choisis avec attention au gré des humeurs et surtout les dernières bonnes nouvelles de ma mère: la chimio fonctionne et l’oncologue la déclare sur la bonne voie. Sous ses airs de nonchalance et négligence, c’est une coriace qui s’accroche à la vie.

    Zou! Voilà août à traverser jusqu’à une rentrée forcément mouvementée. Sans compter tout ce que je ne vous ai pas détaillé et ce que je ne vous ai pas encore raconté. Des années de retard l’air de rien... Oulala. Cela me donne envie d’aller me vautrer à ne rien faire, héhé.


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  • Il y a quelques jours, une amie m’appelle rapidement pour prendre des nouvelles, en particulier à propos de ma mère qui, en raison de son état de santé, ne peut pas rentrer chez elle au 5e étage sans ascenseur et n’a d’autre solution hormis un placement de force en USLD ( unité de soins de longue durée au délicieux prix de 2500 euros par mois avec la désastreuse situation de l’hôpital public actuelle) que de venir vivre avec nous, dans notre appartement de 65 m² bien rempli. Je fais un rapide tour de la question sur l’organisation du quotidien, l‘état de ma mère nécessitant une aide permanente, le rythme pris dans un contexte global à épisodes contrariants. elle me demande alors comment je vais. Ma réponse fut claire: “ Et bien, pour résumer rapidement, je n’ai de temps pour moi que celui que je passe au travail.”

    Tout est dit.


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  • Je suis désolée, la situation depuis fin février est très compliquée et je cours partout, suis sur tous les fronts, au quotidien. Dès qu’un peu de temps s’offre à ma liberté, je l’utilise à tâcher de faire tourner ma propre maison, à trouver un tout petit peu de temps pour souffler, me reposer et c’est loin d’être aisé. Le blog est donc forcément en veille bien que j’y pense souvent avec des idées et des sujets  que j’aimerais partager avec mes lecteurs silencieux. La vie est ainsi faite et ma priorité est à la vie dans son concret. Je suis préoccupée, fatiguée, inquiète, ne sachant souvent plus à quel saint me vouer et pourtant, d’un calme intérieur olympien, attachée à mettre du soin et de l'attention à mes actes.. Je me regarde faire, être avec une sorte de détachement, sans m’identifier ni plonger dans ces aléas émotionnels et psychiques qui tourmentent si aisément l’âme et le coeur. Surtout, je suis dans la gratitude pour ceux qui m’accompagnent, pour ce qui est là, pour Devic en sourdine dans ce chaos, par la grâce de Dieu dirait un croyant dont je ne suis pas.

    La situation étant ce qu’elle est, je n’ai aucune possibilité de savoir ce qu’il adviendra dans les prochains mois aussi, je vous invite à plonger dans les archives du blog, à laisser des commentaires si le coeur vous en dit car cela je peux à peu près y répondre ou à m’écrire directement via l’adresse électronique à votre disposition, je vous répondrai quoi qu’il arrive.

    Puissions nous nous re- trouver bientôt.


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  • Un mois que l’alarme était donnée suite à de mauvais résultats à une prise de sang. Silence, attente. Plus de 20 ans de métastases contrôlés après deux cancers. Et ça repart.

    Chimio ou soins palliatifs?

    Ce sera Samu, urgences après 21h au sol, sans boire, dans le froid, la veille de la première chimio. Hypothermie, déshydratation, hématomes, ankyloses, choc, peur, un coeur qui se dérègle. Sans compter tout le reste. L’alerte. 10 personnes dans le petit appartement, rien que pour elle. La galère pour l’en sortir sur un brancard et descendre les quatre étages sans ascenseur.

    Le silence et le renfermement sur soi mettent en grave danger, peuvent tuer. L’indifférence et l’inertie en particulier des services sociaux encore plus.

    Des heures à attendre. Quatre vains appels pour prendre des nouvelles puis la demande du médecin de venir au plus vite, tard le soir.

    Deux heures d’attente derrière la porte. Échange avec un jeune Roumain, en anglais, histoire de coeur brisé. Une jeune fille accompagnant sa soeur ouvre finalement la porte alors que les soignants l’avaient oublié.

    Septice sévère. Reins bloqués.

    Soins intensifs ou réanimation?

    Réa parce que les soins intensifs sont complets puis après quelques jours,  transfert en néphrologie. Antibiotique costaud, dialyses répétées et l’oncologie en attente, toujours. Succession de mauvais résultats aux prises de sang, une rate alarmante.  La spirale n’en finit pas.

    Un psychologue est en marche, pourvu qu’il puisse l’aider à lâcher.

    Contacts avec l’aide sociale de l’hôpital, attente nécessaire vu les circonstances. Cela bougera t-il enfin? Des années que les aides sociales locales ne répondent que: “ On ne peut rien faire.”

    Vieux chien et chat malades, seuls à la maison. Qui en voudrait? Heureusement, des voisines s’en occupent. Après une semaine, filer chez le vétérinaire pour soigner le toutou, sénile, en fin de vie. Combien de temps encore? Où mourra t-il?

    En parallèle, angoisses, délires, abattements, inertie, agitations… Des années de souffrance, d’incertitude, de confusion commencent à prendre sens avec un diagnostic de maladie qui se précise, ailleurs. Là, aussi, prier le ciel pour que des professionnels s’en chargent. Ce poids est vraiment trop lourd, la limite est atteinte depuis des années.

    Autant de kilomètres en voiture ces dix derniers jours qu’habituellement en six semaines. Quasi entièrement au service d’autrui. Comment faire autrement face à de telles urgences et détresses?

     

    Et continue le quotidien, cahin- cahan.

    Informer tranquillement et clairement le fiston qui se révèle étonnant de maturité, de sagesse au milieu de ces événements chaotiques... pendant qu’il casse les pieds à hurler devant ses jeux en ligne jusque tard le soir, à tout faire au dernier moment, à laisser sa chambre en décharge  par flemme et désintérêt.

    Le travail en échappatoire salvateur, les amis, les bulles d’espérance et de partage. Surtout veiller à garder ce qui est bénéfique tant au corps qu’à l’esprit et l’âme. Il serait vraiment catastrophique que Devic se la ramène dans un tel contexte.

    Les restrictions permanentes par manque de moyens et de temps. Comme, par exemple, ces bottes aimées qui lâchent; vivement les beaux jours car il n’y a plus de chaussures de saison disponibles, ni les moyens d’en racheter.  Il s’agit de s’adapter avec les moyens du bord, en permanence.

    “Mais il y a tellement d’aides”... Et ben non.

    Quoi alors?

    Faire au fur et à mesure, à hauteur des capacités, au gré des circonstances, sans penser à demain, à ce qui pourrait arriver. Rester au présent, résoudre un problème après l’autre. Chaque jour suffit sa peine.

    Demander à l’univers que  chaque professionnel s’implique et fasse sa part afin que je ne sois pas écrasée par les responsabilités de toute part. Lui demander également d’avoir le temps de prendre le temps afin que les événements présents et à venir se passent au mieux.

    Ce qui nous tient? L’humour, persistant, jusque dans les situations d’urgence, jusque dans ces basculements aux limites de la mort.

    Ce qui me tient? L’ingéniosité, l’inventivité, le pragmatisme, l’intégrité et le respect autant que faire se peut de moi- même, la mesure du prix de la vie, de chaque être, de chaque instant.


    C’est qu’avant de mourir, il y a une vie à vivre, unique, éphémère, fragile, une vie à alimenter d’amour. Nous n’avons pas de temps à perdre.


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  • J’étais véritablement déterminée et volontaire quant à mes récits autour de la discrimination… comme pour tant d’autres sujets alors que chaque jour ne fait que 24h avec les besoins basiques répétés et les aléas inhérents à l’aventure de la vie. Celle-ci a rapidement  chamboulé mes projets et c’est avec un large sourire que je me répète continuellement qu’il y a bien de la vanité à croire que nous contrôlons quoi que ce soit. En même temps, vu la foule qui s’exprime, je balaie d’un revers de la main toute pensée sur un quelconque enjeu du blog. Tout cela est finalement très drôle.

     

    Que s’est- il donc passé?

     

    1. Mon garçon a entamé ses études supérieures en septembre.

    Je reste vigilante, attentive, exigeante et impliquée alors qu’il est majeur et d’une attitude formidable ( sauf pendant les vacances où il se laââĉhe!). Il en est très reconnaissant et nous partageons, discutons, avançons ensemble, chacun de notre côté au gré de nos circonstances, joyeusement. Il n’en reste pas moins que ces études en informatiques sont coûteuses, la bourse n’y suffit pas et j’ai déjà vidé un compte- épargne pour qu’il puisse débuter. C’est un investissement sur l’avenir car je lui souhaite d’échapper  à la pauvreté qui nous poursuit parce que nous sommes hors cadres constamment et sans soutien familial, ce qui n’est plus tout à fait son cas.  

     

    2. Le logement annoncé social BBC se révèle sous son véritable jour: un gouffre. Inadapté à notre façon de vivre, d’un espace contrariant, aux multiples malfaçons dont pâtissent tous les locataires, je me raccrochais à ces caractéristiques pour surmonter les limites financières le temps nécessaire. Tu parles! Le dernier décompte des charges a soulevé une vague de protestation générale et accéléré des départs. Lucide quant au poids d’un déménagement surtout dans une région où les logements accessibles sont quasi inexistants, je suis donc embarquée dans le paiement sur des mois de cette dette qui se répétera l’année prochaine dans une espèce de cercle vicieux dû à des absurdités administratives, des coûts locaux élevés, des installations inopérantes. Je dépasse d’une dizaine d’euros les plafonds d‘aides type FSL,  les sommes “prêtées” à des proches pour leur éviter l’expulsion ou les coupures d’électricité, d’eau il y a des mois n’ont pas été remboursées et ces mêmes personnes n’ont évidement pas les moyens de m’aider à recouvrer ces dettes. J’étais déjà précautionneuse avant ce rappel des charges, c’est devenu permanent désormais au point que parfois, je me demande si certains de mes besoins fondamentaux sont satisfaits.

     

    3. Les conséquences de Devic se sont exprimées violemment il y a quelques semaines. Prise dans le flot des événements précités, j’ai soigné de loin des soucis urinaires persistants avec les moyens habituels sur une dizaine de jours observant des variations entre aggravation et amélioration. Suivi un mal au point digestif et une forte fièvre comme je n’en ai plus eu depuis belle lurette qui m’alita brutalement. Avec un médicament pour la baisser, je restai à 38.4°, en dehors, je claquais des dents, tremblais comme une feuille dans la tempête et étais incapable de me mouvoir, de manger et encore moins donc de m’occuper de quoi que ce fut. Contrairement à mes habitudes, j’ai appelé à l’aide car j’étais d’une extrême faiblesse. Ma mère m’emmena chez le médecin où j’attendis que les quatre personnes précédentes passassent ou comment mesurer cette réalité: “Quand une personne est pleinement à son besoin, il n’y aucune place pour le besoin d’autrui”. j’étais couchée sur deux chaises, somnolente, couverte de plusieurs couches, claquant des dents et tremblante… pendant deux heures environ. Quand Colette, médecin hors compétition vit mon état, elle me gronda. Les patients précédents s’étaient dépêchés de la rejoindre, elle ne pouvait donc pas me voir depuis sa porte et je ne lui rappelai pas que la veille, elle n’avait pas entendu quand j’avais parlé de mes soucis au téléphone; elle était débordée à surdité sélective, comme tout un chacun. J’avais insisté le lendemain en expliquant mon état, demandant où aller, elle m’avait casé fort tard dans un emploi du temps surchargé, explosant ses heures de fins de journée. Séance d’acupuncture salvatrice sur tout le ventre et sermon sur mon arrivée un vendredi soir, avec des résultats de laboratoire reportés de ce fait à mardi. Antibiotique au hasard sans pénicilline vu que j'y suis allergique (très pratique) et ordonnance à multiples voies. La pharmacie de garde étant trop loin, je pris ce que j’avais sous la main à la maison et profitai des effets de l’acupuncture. Le lendemain, mon garçon s’occupa de tout: dépôt du prélèvement au labo, quête des médicaments à la pharmacie. Ouf!! Par contre, je gardais le lit continuellement, puisant mes rares forces pour aller aux toilettes ( et quelle galère le sondage quand corps et mains tremblent constamment!), n’avalant au mieux que l’eau à portée de main. Fiston grignotait quelques bricoles et m’apporta un peu de pain, de jambon sans savoir que faire, j’appelai ma soeur à la rescousse. Elle nous força à avaler quelques plats chauds alors que tout m’écoeurait. Ce fut salvateur car à chaque lever, je tournai de l’oeil… à cause de la faim. Une amie passa à l’improviste et nous gronda parce que nous ne l’avions pas appelée, elle l’aide- soignante. Oui, oui. Elle rangea un peu, à mon grand soulagement car l’appartement partait à vau- l’eau.

    Ce cirque dura trois jours et au quatrième, je pus enfin me lever, m’habiller, m’occuper du bazar avec l’aide de six comprimés de paracétamol. Au cinquième, j’allai travailler malgré les avertissements de tous. Heureusement, il y avait des renforts inopinés et mon message sur le tableau mis tout le monde à contribution: “Merci d'être particulièrement indulgent avec votre formatrice ce matin, je suis raplapla et mon cerveau ramollo”. Ils furent compréhensifs et patients alors que j’étais lente et mono tâche, néanmoins efficace et présente. Cela me fit le plus grand bien et quand mon collègue prit le relais, je recommençai à claquer des dents, il était justement  temps de rentrer.

    Au retour, penchée sur les résultats de labo et l’ordonnance, je compris: infection urinaire, foie et vésicule biliaire en détresse. Ben, oui, la moelle épinière abîmée au sacrum engendre des soucis d’évacuation nécessitant sondages et lavements, malmène une vessie initialement fragile, les organes de purge saturent des gros traitements médicamenteux anti- crise de Devic. Voilà un pan de la réalité des conséquences de cette maladie grave, ni plus ni moins.

     

    4. Nous subissons fiston et moi des vols répétés d’argent liquide dans notre appartement depuis plusieurs mois. Sporadiquement, aléatoirement, en fin de mois alors que je suis moi- même en budget fini, quelqu’un entre dans l’appartement, dévalise porte- monnaie, sac et sacoche de l’argent liquide qui s’y trouve, allant parfois jusqu’à prendre quelques misérables centimes, de jour, de nuit, en notre présence. Quand j’en parlai au début, fiston crut que je perdais la tête puis il lui arriva la même mésaventure avec un billet reçu en remerciement d’un service, un billet rangé dans sa sacoche, au pied de son lit, au milieu du capharnaüm de sa chambre impraticable. C’est déroutant, incompréhensible. J’avais bien remarqué que ma clef n’entrait plus si facilement dans la serrure auparavant, je sais que j’ai à changer le barillet pour tenter de nous protéger, ceux- là sont cependant particulièrement coûteux et au regard de la situation financière actuelle, c’est une dépense problématique. J’en ai averti mes voisins, l’une d’elle a subi le même phénomène, les autres ont changé et remis en état un système trois points qui ne fonctionne pas depuis le début des locations. Nous avons essayé, fiston et moi plusieurs stratégies: cacher les billets, les sacs, mettre un carillon bruyant à la porte, etc. Le souci est que ces vols sont aléatoires et il suffit que nous oublions les précautions supplémentaires à celles devenues habituelles (laisser la clef dans la serrure et fermer à double- tour en toute circonstance) pour que le phénomène réapparaisse. La responsable de l’immeuble n’accepte pas ma version, elle persiste à affirmer que c’est mon garçon qui prend l’argent… Se le prendrait- il à lui- même?  J’ai voulu porter plainte, l’agent qui m’a reçue a expliqué que cela ne servirait à rien, qu’ils ne feraient rien si j’étais la seule à en parler. De toute façon, comme il n’y a pas trace d’effraction, l’assurance ne prend rien en charge. Je suis écoeurée. ma situation financière est tellement serrée, je ne me permets aucun écart, je me prive de vitamines, canneberge et autres compléments qui seraient tellement bénéfiques et protecteurs au regard de mon état de santé .. et je subis ces vols des derniers deniers prévus pour les derniers achats alimentaires…

     

    5. Pour finir sur une note plus positive, je me suis lancée dans un projet de robe gothique d’inspiration victorienne. J’avais trois invitation pour fêter Halloween, autant en profiter. Le noir ne m’inspire pas bien que brillant, en tulle, voile, j’ai donc mis un temps fou à savoir ce que j’aimerais. Une amie m’a filé un coup de pouce en montant le tulle sur le mannequin et j’ai pu me lancer... en rajoutant un tissu rouge pour sortir du tout noir. Le costume est en plusieurs pièces utilisables ensemble, de différents manières et indépendamment. Je suis contente de moi. Malheureusement, je n’ai pu le porter parce qu’inachevé à la première invitation, la troisième a été annulée pour crise d’appendicite à intervention en urgence. Puisse la deuxième m’être profitable! Ce serait vraiment dommage de reléguer ce travail au placard pour une durée indéterminée. ( des photos viendront, peut- être).

     

    Au milieu de ce bazar pré- occupant, J’ai mis un temps fou à écrire cet article, j’avais pourtant besoin d’alimenter le blog, certains m’écrivent discrètement en dehors et cela me donne l’énergie et l’envie de continuer, je ne pouvais donc décemment pas le laisser en sommeil plus longtemps. Aux courageux cette longue lecture! En attendant la suite, parce évidemment, j’ai la caboche qui carbure et des années de retard… C’est malin…


    A bientôt?... Pas si sûr, la vie déborde et rien qu’avec mon ménage qui n’est pas fait depuis des lustres vu que je n’en avais pas l’énergie, ni le temps, j’ai un sacré chantier en vue. Quelqu’un pour venir filer un coup de main?


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  • Devic est envahissant et terrifiant, certes, mais il reste accessoire et n'empêche pas de vivre ce qu'il y a à vivre par ailleurs. Le corps notamment continue son chemin avec son lot d'aventures liées aux circonstances. N'en déplaise à l'idéologie ambiante, les femmes ont des échéances biologiques indéniables. La maladie est venue anéantir mes ultimes maigres espoirs de famille nombreuse en me fauchant sur les dernières années de fécondité optimale, j'en ai fait laborieusement mon deuil. Désormais, je traverse les désagréments de la quarantaine passée entre fibromes et autres réjouissances utérines ou hormonales. C'est que j'ai à être particulièrement vigilante: ma grand- mère maternelle, ma tante maternelle et ma grande- tante maternelle sont mortes du cancer du sein, ma mère a eu le sien à 45 ans et un autre de l'utérus cinq ans après, métastasé, devenant à ce jour une miraculée selon les mots de son médecin. Il est vrai, j'avoue, qu'avant Devic, je m'attendais à un cancer de cet ordre, pas effrayée d'avoir à affronter les contrôles voire même les traitements puisque je les sais efficaces si la tumeur est prise à temps. Depuis Devic, bien que sous les feux de nombreux médecins et spécialistes, je tâche de veiller à toutes les parties de mon corps ( et de mon psychisme) car la médecine est cloisonnée voire explosée entre ses spécialités et bien des maux peuvent s’installer parce qu'aucun médecin n'a regardé de ce côté.

    Depuis mai- juin 2014, j'avais (?) des règles hémorragiques impressionnantes, me vidant à gros flots et caillots en quelques heures. Ma sœur me mit en garde vu nos antécédents, j'expliquai qu'en l'absence de saignement en dehors des règles, je ne m'inquiétais pas. J'étais pourtant terriblement fatiguée, complètement à plat. Comme je lui en parlais, mon médecin généraliste prescrivit un bilan sanguin complet au cours de l'été, une anémie et une carence en fer, seules se révélèrent, heureusement car elle avait demandé pareillement les marqueurs de cancer. Régulièrement, je fais des cures de fer que je supporte moyennement sans toutefois régler le problème véritablement ( je raconterai ces péripéties par ailleurs) et prends un traitement homéopathique qui semble faire effet.

    Il y a ainsi plus de six mois que je tâche de vivre au mieux avec une énergie fluctuante. Je pose des priorités, je mesure chaque activité et tout le quotidien se passe au rythme de ce que je peux ou non faire au moment où se présentent les événements, les activités. Les tâches ménagères sont au minimum syndical, la grève avec le fiston varie en intensité, je continue mon emploi vaillamment avec joie tout en baillant à longueur de temps ce qui amuse beaucoup mes interlocuteurs, j'étale mes travaux commencés, souvent inachevés dans le séjour, me fichant pas mal du désordre, je file au lit vite fait résistant avec plus ou moins de force au-delà de 21h, décollant du lit au matin uniquement par discipline, je rationalise au maximum mes déplacements pour me ménager et justifier l'utilisation de la voiture absurde. C'est que j'ai un fiston de 18 ans en pleine préparation du bac et construction de son avenir avec des choix post- bac exigeant énergie et opiniâtreté, plus les autres aléas de cet âge, une multitude de personnes qui me sollicitent pour survivre dans un monde qui les malmènent violemment ou pour envisager d'autres relations, d'autres perspectives, j'ai fait plusieurs formations, etc, etc. Quand j'ai du temps pour moi avec une faible énergie, je traîne à la maison, vaquant à des activités mesurées: lire, coudre, crocheter, broder, tricoter, regarder des films ou des séries, écouter des livres lus, la radio, de la musique. Forcément, j'en oublie d'écrire parce que c'est la dernière de mes préoccupations. J'y pense et puis l'idée de me retrouver assise devant l'écran pendant des heures à tourner mes phrases, mes structures de texte, trouver la formulation pertinente, argumentée et claire m'en éloigne. Le blog vit donc lui aussi au gré des circonstances et surtout de mes envies. En même temps, j'écris depuis 2008, j'ai publié 551 articles, il y a de quoi lire, relire et re – re- lire, je le fais moi- même de temps en temps. Certains font remonter un ancien article tombé dans les limbes, j'y ai déjà pensé et finalement, cela ne me correspond pas alors, si vous avez le temps long, je vous invite à piocher dans les archives d'ici en attendant des nouvelles fraîches. Surtout, faites comme vous avez envie.

    A la prochaine, ici ou ailleurs.

     


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