• Et voilà, Maman est morte hier soir, chez nous, dans un souffle, tranquillement, discrètement alors que nous discutions dans la pièce à côté.
    Elle est partie à l'heure du dîner, elle qui aimait tant manger, j'espère qu'elle trouvera un grand festin avec ceux qui l'ont précédée.


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  • Dans mon travail, je côtoie des personnes venues de tout horizon. Je n'ai pas à parcourir le monde car il est là, à ma portée au quotidien et je connais bien des cultures et représentation sans déplacement. Conjugués aux nationaux de plusieurs générations ou fraîchement accueillis, je voyage, en plus, dans des catégories sociales  variables comme peu peuvent s’en vanter puisque majoritairement, les mélanges sont rares. Autant dire qu’au lendemain du premier tour des élections présidentielles, j’ai  retrouvé des personnes en BESOIN de parler. Larmes au coin des yeux pour l’une choquée et incrédule, évoquant un possible retour au pays alors que sa famille est là depuis trois générations, le questionnement et la peur de cette autre qui ne comprend pas ces votes alors qu’elle est si bien accueillie par les personnes qu’elle fréquente au quotidien depuis son arrivée, l'émotion et l’incompréhension de cette autre qui a pu voter pour la première fois grâce à sa nationalité française toute fraîche et dont elle est si fière, cette autre, française et locale de naissance aux parents marocains qui ne comprend pas comment son pays peut déraper ainsi... sauf quand le regard se pose sur les cloisonnements sociaux qui se construisent et se renforcent depuis des années. Plus tous ces autres choqués. 

    J’écoutais, présente et sentant les émotions fortes devant cette situation. Puis je racontais cette anecdote de 2002:

    Au lendemain de premier tour où Jean- Marie Le Pen était arrivé au deuxième tour à la surprise générale, j’avais cours avec un groupe multiculturels composés de Turcs, Maghrébins, Bosniaques, nombreuses femmes voilées et d’autres nationalités variées qui m’échappent désormais. J'étais choquée, triste et profondément désolée de ces résultats qui ne me ressemblent absolument pas. Tous installés, je leur avais exprimé, le visage grave, mes sentiments et combien ce pays là n’était pas le mien . En face de moi, une femme turque se mit à rire et dit quelque chose que je ne compris pas. Sa voisine traduisit alors pour nous: “Que Le Pen mettent tous les étrangers dehors et la France s’arrêtera car la France a besoin de ses immigrés.” Nous avions alors ri tous ensemble tant sa remarque était pleinement juste, évidente, LÉGITIME.

    Ce souvenir reste profondément ancré dans ma mémoire et à chacun des scores de l'extrême droite en tête dans cette région complètement dépendante des étrangers voisins, son rire me revient et cela me rassérène.

    Cette année, avec cette force intérieure nourrie par ces multiples  expériences et rencontres humaines qui jalonnent ma vie personnelle et professionnelle, je me suis entendue dire à l’une de ces personnes en besoin de parler de ces résultats électoraux abominables et irrationnels: “Qui que soit notre prochain président, nous continuerons notre chemin car  ceux qui aiment les gens continueront de les aimer et cela ne changera pas”.

    Là pareillement, nous finîmes par un rire commun.

    Nous n’avons pas d’alternative: Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." Martin Luther-King.

    En s’enfermant, en se cloisonnant, la rencontre n’a plus lieu, l’autre perd son humanité, devient un bouc émissaire.  Celui qui ne peut plus vivre dignement, satisfaire ses besoins essentiels ou qui craint de perdre ce qu’il possède  se laissera facilement tourner les yeux vers ce-s bouc-s émissaires en buvant les paroles de tel ou tel meneur capable de lui parler dans une langue qui résonne dans ses peurs.(1.) La politique est ainsi irrationnelle, le choix du candidat basé très souvent sur des délires. Quand j’entends ces votants Front National argumenter leur choix par l’opposition entre leurs difficultés quotidiennes et ces prétendus étrangers à qui tout est donné, je leur envoie de l’empathie car je suis persuadée qu’ils ne demandent qu’à vivre en paix, en sécurité avec dignité. Quand j’entends ces personnes clamer qu’il y en a assez de ces pauvres qui profitent du système, qu’eux qui travaillent mériteraient plus de considération, je leur donne de l’empathie car ils ont besoin de reconnaissance et de sécurité. Tous se trompent de responsables sous la conduite de parleurs avides de pouvoir.

    Le héros tient à faire du bruit, se faire connaître, le résistant lui agit en silence(2).  Comptez sur moi pour alimenter l’accueil, le partage, l’amour, au quotidien, tranquillement et discrètement au milieu de ces fracas absurdes. Et  nous avons TOUS à combattre et résister pour que les droits de TOUS soient respectés, que la vie de TOUS soit douce, en sécurité, que les besoins fondamentaux de TOUS soient satisfaits avec équité. Et là, croyez- moi, il n’y a plus lieu de voter pour ceux qui alimentent la peur, le rejet de l’autre, l’enfermement, la séparation.  


    1. Lire Boris Cyrulnick, Autobiographie d’un épouvantail.

    2. En référence au même auteur, Ivres paradis, bonheurs héroïques


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  • Désolée, je n'ai le temps de rien... même pas de pleurer.


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  • Je pleure tous les jours. Un peu. Pour un mot, une musique, une parole, une ambiance, un écho, une pensée. Non de ces sanglots qui soulèvent le corps et remuent les tripes. Des larmes silencieuses et discrètes, retenues, surtout à l’extérieur. Nul ne peut imaginer ce qui se vit à l’intérieur. Certains me trouvent même bonne mine et l’air enjoué. Ma gorge n’en est pas moins terriblement serrée et je me demande constamment comment je fais pour continuer à mener ma barque en plus de ce que je vis dans l’intimité.

    C’est une profonde tristesse, une peine sans fond, un gouffre incommensurable que seuls ces quelques mots ici expriment.

    Contrainte, parfois, par les circonstances, je raconte vaguement ce qu’il se passe et je lis la terreur, l’effroi sur les visages, dans les yeux de ceux qui entendent. Et je me retiens, leur donne de l’empathie, les préserve.

    Avec les médecins, infirmières, pharmaciens, assistants sociaux, nous maintenons le cap au gré des circonstances et des besoins, virevoltants d’une situation à l’autre en raison des changements imprévisibles et de l’évolution.

    Parce que ma mère est dorénavant en soins palliatifs. Chez moi. Dans ma chambre.

    Elle est trop faible pour supporter de nouveaux traitements et le cancer la ronge. Une lutte âpre de 25 ans aux violents épisodes  et lourds tourments passe en phase ultime. Nul ne sait combien de temps cela prendra, nous savons cependant tous que l’échéance approche.

    J’en suis profondément triste.

    Après une enfance et une jeunesse heureuse au sein d’une famille aimante, cette belle femme intelligente avait vu rapidement sa vie basculer dans une spirale d’accidents, mauvais choix,  malchance,  mauvaises rencontres, pertes insupportables, disputes et déchirements. A 45 ans, un premier cancer violent la secoua, elle trouva force et énergie pour surmonter cette épreuve. Cinq ans plus tard, un autre la disait condamnée. elle survécut et résista encore près de 20 ans aux métastases. L’an dernier, il repartit. Elle s’accrocha, erra, en état de choc ne fléchissant pas jusqu’à ce que ma soeur et moi entendions de vive voix qu’il n’y avait plus de solution thérapeutique, il y a dix jours de la bouche de l’oncologue.

    Soins de confort, soulagement de la douleur, lâcher prise sur la surveillance de son alimentation ou la prise de médicaments, faire en sorte que cette dernière étape soit pour elle la plus tranquille, la plus paisible possible. Être à  son écoute et agir en conséquence de ce qu’elle vit à chaque instant. S’organiser pour qu’elle ne court aucun risque, veiller à ce qu’elle soit à l’aise, rassurée, accepter les peurs, les paroles, les silences, les regards … Vivre ce qu’il y a à vivre, avec elle, tant que c’est possible.

    Ma soeur, en état aléatoire, fait du mieux qu’elle peut comme elle peut au regard de sa propre situation. Elle l’emmène en promenade en fauteuil roulant, couverte intégralement pour qu’elle n’ait pas froid, elles se racontent des histoires d’humour noir et se disputent comme d’habitude.

    Mon fiston la taquine, la recadre, la secoue, l’aide quand elle le lui demande tout en posant ses limites. Et ils se chamaillent, s’envoient des mots incisifs et pertinents au point que la rigolade vient régulièrement conclure l’échange.

    Chaque jour, je l’aide à s’habiller, se déshabiller, se laver, s'asseoir, se lever, aller aux toilettes, manger, faire ses pénibles déplacements à l’intérieur. Le fameux appartement soit disant accessible aux personnes à mobilité réduite est un terrain  miné, dangereux sans espoir d’amélioration  avec un organisme HLM sourd à nos demandes, coincés que nous sommes tous par le manque d’espace, de liberté à aménager et d’argent. Constamment la rassurer: “ N’aie pas peur, fais moi confiance, je te tiens, je suis là, tu n’es pas seule, rassure- toi.”

    Je suis aussi le relai- pivot entre les assistants sociaux, les soignants, la banque, les différents organismes- administrations, les associations (car notre situation matérielle  à tous est digne de la haute voltige en plein air) et ma mère qui résiste, fuit ou dénie comme tout être humain confronté à une terrible réalité insupportable. Depuis un an, elle ne voulait rien entendre; la semaine dernière encore, elle parlait de retourner chez elle, répétant l’utilité de son lit, sa cuisinière, ses casseroles, sa vaisselle, son électroménager, ses meubles. Tant d’affaires à mettre en ordre, son appartement à vider, au cinquième étage, sans ascenseur. Trier, ranger, jeter, tâcher de trouver des solutions pour ces choses accumulées et qui représentent TOUTE sa vie dans le respect de ses volontés et de chacun. Sans argent. Moi, seule jusqu’à ce jour.  

    J’appelle évidemment à l’aide dans l’espoir que quelqu’un quelque part viendra soulager ma peine.

    Parce que je ne veux ni bâcler, ni liquider sans soin.

    Finalement, je réussis à lui faire dire qu’elle ne veut pas que ses affaires soient jetées. Elle veut qu’elles soient encore utiles à quelqu’un... et surtout, elle veut transmettre à son petit- fils quelque chose d’elle, concrètement.  Alors, je m’attelle à cette lourde tâche et quand un objet ramené de chez elle trouve naturellement sa place chez nous, je la sens rassurée, soulagée.

     

    J’avoue, mes nuit sont courtes, hachées voire blanches. Il arrive certains jours que chaque pas mis devant l’autre me semble miraculeux. Mes jambes tiendront- elles? Je demande à l’univers de m’aider à tenir maintenant et surtout quand tout sera fini, que la pression sera relâchée. Devic pourrait en profiter pour ramener sa fraise et nous n’en avons pas envie, le supporterions nous seulement après ces longs mois mouvementés et douloureux?

     

    Quoi qu’il en soit, tant que ce sera possible et qu’elle le voudra,  elle restera avec et chez nous, nous nous en occuperons. Elle est tellement effrayée, terrorisée, en état de choc, ne trouvant qu’un maigre refuge dans les programmes de télévision au creux de son lit engloutissant des kilos de bonbons. Cette femme d’ordinaire en perpétuelle colère, incisive, mordante, distante, peu chaleureuse, têtue, solitaire, bougonne accepte désormais d’être bordée, tenue par les deux mains, un peu câlinée et embrassée. Choyée. Il n’y a pas d’âge pour apprendre et ce jusqu’à notre dernier souffle, peut- être même après, qui sait?

    Ironiquement, je suis reconnaissante envers SeN et les grandes leçons que j’ai apprises avec lui car, grâce à cette expérience,  ma mère n’aura pas à subir cette maltraitance pleine de bonnes intentions où la personne diminuée, en danger a finalement peu de place. Je suis à l’écoute des émotions, sentiments, besoins et la priorité est d’être en harmonie, présente à soi et à autrui, en accord. Cela change tout. Même si je pleure tous les jours. Un peu… ou beaucoup comme ce matin à la pharmacie où je me suis précipitée pour récupérer ses médicaments anti- douleurs.

    J’avais si peu dormi et il me fut impossible de retenir les larmes. La pharmacienne, adorable et attentionnée me donna de l’homéopathie pour retrouver le sommeil, soulager la peine en attendant de revoir le médecin généraliste qui, il y a quelques semaines, me demandait déjà: Je ne sais pas comment tu fais pour tenir.  Et je lui avais répondu spontanément: Moi non plus.


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  • Dans le cadre du suivi de mon état, avec la vigilance exigée, je vois le neurologue deux fois par an, au printemps et à l’automne. Heureusement, ces visites se passent vite avec les habituelles questions, mises au point et l’examen global: se mettre debout les pieds joints, les bras tendus en avant, yeux fermés, yeux ouverts, toucher le nez avec les doigts bras écartés, tests des réflexes aux articulations, passage de l‘objet pointu sur la plante des pieds, suivi du doigt par les yeux, vibration du diapason, quelques pas pieds nus.

    Mises à part quelques périodes à grosses fatigues ou douleurs spéciales,  il y rarement du neuf... et c’est tant mieux.

    J’avais déjà abordé la question de ma fatigue persistante à quelques reprises, expliquant mes conditions de vie, soucis divers avec son lot d’anémie et les épisodes mouvementés du quotidien. En septembre cette année, ce fut un rapide tour de la question de la vie avec ma mère diminuée en besoin d’aide constant. Conseil du médecin, insistant: prendre du fer chaque jour en raison de mes réserves trop faibles ainsi que des vitamines, du magnésium… Sans le dire à voix haute, je pensais seulement “ Oui, quand j’ai des sous”.

    La conversation sur le départ m’amena à glisser cette remarque, négligemment dans un but premier qui m’échappe désormais:

    - Au regard de ce que j’observe chez d’autres malades, je sais que j’ai vraiment de la chance d’être dans l’état où je suis...

    Là, le neurologue plongea ses yeux dans les miens profondément et d’une voix grave, me coupa dans mon envolée:

    - Oui, vous avez BEAUCOUP de chance.

    Touchée par cette inattendue remarque pleine de gravité peu coutumière, je chantai in extremis et joyeusement avant de partir:

    - Et chaque jour,  je rends grâce au ciel pour ce cadeau

    De retour à la maison, je retrouvai ma mère dans notre quotidien habituel.  Comme elle rouspétait et chicanait à mon encontre, je lui relatai l’anecdote. Elle m’écouta à peine, centrée sur ses propres peines et besoins. Piquante et avisée, je balançai d’une voix ferme: “Si j’ai de la chance,  toi, tu en as encore plus parce que je peux m’occuper de toi. Et je peux te garantir que beaucoup d’autres en seraient totalement incapables. D’ailleurs, j’en connais en pleine santé, avec de l’argent, de la place qui ne s’occupent de personne et surtout pas de leurs parents”.

    Et merde.


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  • Deux heures de conférence... certes.

    Ajoutons- y la Communication bienveillante et voilà, peut être, la recette de ce qui me permet de tenir au milieu de ces multiples tempêtes incessantes.

     

    Méditation et médecine du corps-esprit : quels effets?

     

    Puissiez- vous y trouver l'un des ingrédients de votre propre soupe réconfortante, au propre comme au figuré.


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  • ,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre,j'enaimarre

    etc


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  • Bon, force est de constater, pour qui cela intéresse, que je n’y arrive pas. Le dernier blabla date de fin août et nous voilà mi- octobre… Aujourd’hui, je passe en plus rapidement avec un petit texte peu travaillé ou fourni parce que ma mère est partie pour une trentaine d’heures ( je ne sais même pas quand elle rentre); petite opération chirurgicale, vérification des reins, etc. Pourvu que je n’ai pas de surcharge de travail à son retour! Ce serait mal venu; ces derniers temps, je résiste et m'accroche avec des gélules de fer et de vitamines. Autrement, je passerai mes journées à traîner fatigue et vague à l’âme tout en continuant les activités habituelles et les occasionnelles, toute seule comme une grande fille que je suis.

    Le positif de cette situation est que j’ai posé des limites, à ma mère, lui refusant certains actes, la mettant face à ses choix, sa réalité physique et sociale. C’est loin d’être facile car elle est très tétue et peu soucieuse, en apparence, de ce qui est bon pour fiston et moi ( surtout moi). Les insultes pleuvent quand elle se lâche mais tout cela me glisse dessus, je sais, grâce à la CNV, que ces mots ne parlent pas de moi mais de ce qu’il se passe en elle, que je ne suis qu’un prétexte. Il n’y a pas d’âge pour apprendre.  

    J’ai réussi miraculeusement à avancer dans des travaux en berne depuis des mois avec des effets visibles dans le bazar général et cela fait du bien. Chaque jour, je fais ce qu’il y a à faire, je prends du temps pour moi et espère que bientôt, une solution pérenne et bonne pour tous se mettra en place. Mon appartement qui me semblait si petit auparavant me paraîtra  grand quand elle sera partie, mes journées et semaines chargées d’autrefois me seront des vacances après son passage… Pour 2017?

    D’ici là, j’aurais tant et tant à raconter, les expériences ne manquant pas. Advienne que pourra.

    A la prochaine, bientôt étant vraiment inapproprié.


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  •  

    Les prétendues longues vacances arrivent à leur fin, le constat est simple: vivement que je retourne au travail parce que là, je suis lessivée.

    Les semaines ont filé à grande vitesse sans que le minimum des travaux prévu ait été bouclé. Seule la réparation de la table du salon est une réalité bien qu’elle m’ait pris plusieurs heures en raison du manque de force de mes petits bras pas musclés et de la fatigue accumulée à s’occuper du quotidien entre ma mère et mon fiston décidément ado geek à fond. Je résume en général la situation avec ces quelques mots:

     

    Je vis seule et j’ai du travail pour quatre.

     

    Les services à table sont très révélateurs:

    • En ce qui me concerne, c’est petit déjeuner entre 8h30 et 9h, déjeuner entre 12h30 et 13h, collation vers 16h30 et dîner entre 19h et 20h.

    • Pour ma mère, c’est petit déjeuner entre 10h et 13h, déjeuner entre 14 et 16h, collation à n’importe quelle heure selon ses nausées et envies subites, dîner entre 18h et 20h, bol de lait autour de 22h.

    • Pour fiston, c’est l’anarchie complète vu qu’il vit décalé déambulant souvent la nuit à côté  de mon lit désormais dans le séjour pour aller combler ses creux nocturnes.

    Soit un minimum de huit services par jour… Autant dire que j’ai bien du mal à sortir de la vaisselle et des casseroles.

    Comme je suis en vacances, ma mère a décommandé les aides à la toilette parce qu’elles arrivent trop tôt pour elle et lui coûtent trop cher. Je m’occupe ainsi de ses levers, couchers, toilettes, douche, habillage, déshabillage, ongles, soins de peau et autres réjouissances.

    Sortir, rencontrer des amis, voir et entendre d’autres horizons est compliqué vu que je ne peux laisser ma mère seule longtemps quand dans mon quotidien habituel, je suis constamment en relation avec une foule de personnes multiples et variées, jonglant d’une langue à l’autre, d’un environnement à l’autre.

    Pour couronner le tout, en cerise sur le gâteau, des revenus riquiqui insuffisants étant donné qu’ils couvrent à peine les besoins fondamentaux. La rentrée du fiston à venir, quand elle me passe à l’esprit, m’interpelle: comment la passer sans y perdre des plumes? Comment simplement venir à bout des dépenses élémentaires?

    Je suis donc employée multiservice gratuite invisible 24h sur 24, lot de ceux qui travaillent sans gagner d’argent,  ni ne cotisent.

    Avec cette expérience, votre fée n’est évidemment pas en reste et du coup,  j’ai BEAUCOUP à rapporter, raconter , le tout accompagné d’un flot de remarques et réflexions. Puisse le temps et l’envie me permettre de m’y atteler à la hauteur de l‘agitation de ma caboche.

    A bientôt?


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  • Belle entrée en matière avec les Eurockéennes auxquelles je tenais. Sur deux jours, profiter au maximum des concerts et de la prise en charge bienveillante. Alors que je passe mon temps à m’occuper d’autrui, quoi de mieux que de se faire bichonner deux soirées. Certes, les allées et venues, les kilomètres et les couchers tardifs n’ont pas aider à renflouer l’énergie branlante,  ce me fut néanmoins un nourriture plus que bienvenue.

    Au dimanche suivant, constater une fuite sous l’évier que nul autre n’a vu alors qu’il y avait  au moins trois personnes sur place en mon absence. Le meuble posé l’an passé a gonflé et l’assurance m’assure son remplacement en me virant l’argent de sa valeur (trop honnête, je n’ai pas su profiter de l’occasion pour y trouver quelque avantage). A moi de le commander, récupérer et installer, comme une grande fifille indépendante et débrouillarde que je suis.

    Aux douze premiers jours, travailler en mode plus que temps complet vu que ma collègue a dépassé ses heures et qu’il m’en manque, je l’ai donc remplacée. Vu la situation de l’employeur, il est préférable d’être en ordre, la fin d’année a été chaude, la rentrée promet également, aille, aille!

    Dès l’entrée en vacances ( dont je ne me réjouissais guère), gestion d’un groupe de geeks au nombre de huit, tous dans notre séjour à jouer, se connecter, s’étaler sur le lit, ronfler, se serrer, se taquiner, râler, boire et manger toute la nuit. J’étais contente de les revoir, ils sont chics et ces retrouvailles entre potes se passent bien, dans une bonne ambiance, respectueuse; cela me demanda quand même bien du travail surtout que le problème de fuite sous l’évier continuait malgré les premiers changements de pièces qui à eux seuls mériteraient déjà un récit.  

    Alors qu’habituellement, les vacances sont l’occasion de régler ce qui traîne, relégué par le quotidien, j’ai cette année à peine eu l’occasion de nettoyer les placards, les tiroirs, les rideaux car  au quotidien, j’ai à assister ma mère  mal en point, fragile, nécessitant de l’aide en tout, à la toilette, l'habillage, le lever, le  coucher, à vider le vomi et les poubelles débordantes de ses impossibilités à maîtriser, ramasser les mouchoirs dispersés, préparer à manger, faire le linge multiplié par quatre, le ménage en passant derrière elle qui ne peut plus rien, ni écrire, ni même ouvrir un bouchon de bouteille et laisse des dégâts liés à son état et ses traitements mahouss costauds, plus  les courses, le chauffeur ponctuel et gérer un fiston abruti constamment devant son ordi avec les copains, décalé à vivre de nuit et dormir de jour avec la sale manie de négliger son hygiène corporelle, l’ordre et la propreté de sa chambre ( je caricature car en vérité, il s’occupe aussi de sa mémé avec attention dans les compétences qui sont les siennes).

    Chercher des solutions d’organisation, de rangement avec son installation prolongée chez nous, dans un appartement petit et encombré, perçant, déplaçant et surtout renonçant à toute intimité en ce qui me concerne hormis les passages à la salle de bains.

    Régulièrement, aller à son appartement qu’elle ne veut pas lâcher alors qu’elle n’y retournera pas, y apporter à manger au chat, angoissé, sauvage, resté seul chez elle, ramasser ses urines, crottes et vomis ( tiens tiens...) , arroser les fleurs, trier l’alimentaire qui y reste,  chercher le courrier, en rapporter des vêtements et des bricoles.

    Faire avec une frangine chaotique et aléatoire en mode mal en point habituel pour couronner le tout et bien que diagnostic et traitements  se posent, elle n’en reste pas moins un souci récurrent.

    Tâcher, quand j’en trouve le temps et l’énergie, d’aller faire un tour au jardin partagé où je n’y comprends rien et constate que les grands discours aux thèmes généreux ne désherbent pas, ni n’arrosent, paillent, plantent, replantent, entretiennent. Une expérience à relater, révélatrice de la schizophrénie ambiante.

    Dans les hautes températures ambiantes, prendre froid ( et oui, on ne se moque pas) avec à la clé, un vilain rhume qui me cloue au lit, somnolente 48 heures, la respiration pénible sur des jours et une grande lassitude persistante que la prise de fer ou de vitamines ne change en rien. Tisane, grog, soupes... au sein des 30° ambiant, c’est limite grotesque.

    Heureusement, des anges veillent au grain. Visite express de Floflo, surprise de Véronique, festin avec Delphine, Vincent et Ludivine,   appels fréquents de mes amis Michèle, Bruno, Anne- Magali ainsi que les belles nouvelles de Marie- Virginie… entre autre.

    Parce qu’après ce tableau en pointillé d’une situation plus complexe et compliquée qu’elle n'apparaît ici, j’ai envie de dire que je reste d’un calme intérieur olympien, que je vis au jour le jour dans la joie. Il y a la musique, les lectures dont l’excellent Causette, la Médiathèque, les films et séries choisis avec attention au gré des humeurs et surtout les dernières bonnes nouvelles de ma mère: la chimio fonctionne et l’oncologue la déclare sur la bonne voie. Sous ses airs de nonchalance et négligence, c’est une coriace qui s’accroche à la vie.

    Zou! Voilà août à traverser jusqu’à une rentrée forcément mouvementée. Sans compter tout ce que je ne vous ai pas détaillé et ce que je ne vous ai pas encore raconté. Des années de retard l’air de rien... Oulala. Cela me donne envie d’aller me vautrer à ne rien faire, héhé.


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