J'ai rencontré Caroline à l'hôpital en juin 2006 et elle reste une personne précieuse à mes yeux bien que nous ne nous voyions que trop peu. Revenue du Sénégal avec une pneumonie, elle se faisait soigner pendant que les médecins galéraient sur mon cas. Nous avons sympathisé et je le considère comme une amie. Son diplôme obtenu et rétablie, elle est repartie au Sénégal où elle œuvre avec les enfants des rues afin de leur donner la chance d'avoir une vie moins dure. Elle me fit la grande surprise de venir me voir en rééducation où elle m'avait raconté ses aventures africaines passées et surtout à venir. Nous nous étions retrouvées comme de vieilles amies séparées la veille.
J'ai reçu d'elle un message l'an passé sur une association qui lutte contre le phénomène des enfants des rues. Je ne peux pas faire grand-chose hormis répondre aux appels lancés par cette association.
J'avais été marquée par un enfant de la rue en Russie en 1990. Pieds nus, en guenilles, il avait repéré notre groupe de jeunes occidentaux et était venu mendier. Comme nous ne comprenions pas immédiatement, il s'était agrippé à la jambe d'une jeune camarade et ne la lâcha pas tant qu'il ne fut dérangé par la venue d'un agent de police. Il détala à grande vitesse aussi vite qu'il était arrivé. J'avais été marquée par les images des enfants de la rue dans le Cauchemar de Darwin ne supportant leur condition que grâce à la colle qu'ils inhalaient.
Et combien d'autres...
J'ai particulièrement été choquée par un petit reportage sur M6 au sujet de la femme d'affaire qui a fondé Tartine et Chocolat, marque « haute couture » pour bébés et jeunes enfants. Fortune faite et reconnue pour sa réussite, elle a pris deux ans de vacances et est allée en Mongolie. Elle racontait comment elle avait été choquée par les enfants mongols obligés de dormir dans les égouts en hiver pour avoir un peu de chaleur et comment cette vision avait changé sa vie. De retour en France, elle a vendu son affaire et vit désormais à la campagne (j'ai oublié où, dans le centre, je crois) avec une maison d'hôtes où tout est simple et naturel. Finalement, elle en a fait un lieu de tourisme très coûteux où viennent quelques vedettes en villégiature. Re business. Je n'ai vraiment pas compris en quoi cette attitude pouvait changer quelque chose à la condition des enfants mongols. Est- elle vraiment très conne ou est- ce le reportage qui est très con ? Par cette dénomination relative à la connerie, je pense à hypocrisie, opportunisme, pseudo moralité de gros riches qui utilisent la misère des autres pour se donner bonne conscience, éloge de ces riches montrés en exemple de réussite... Reportage écœurant à mon avis. Révoltant.
Par contre, cette association agit dans le silence sur le terrain et il y a du travail souvent réalisé avec peu de moyens. Donc, je fais le lien.
A bon entendeur.