Ce matin, j'ai pris le petit déjeuner en écoutant de loin Rue des entrepreneurs sur France Inter ne connaissant pas le sujet. Je finis par comprendre qu'ils parlaient du forum de Davos et de la façon dont était abordée la crise actuelle là- bas. Bof, ce n'est pas idéal au réveil. Mes pensées partirent et je divaguais dans une espèce de semi- veille quand tout à coup, j'entendis parler de Matthieu Ricard, porte- parole du Dalaï Lama présent lui- aussi à Davos ! Je revins dans l'instant de mon voyage brumeux pour boire les paroles de ce monsieur et je me nourris d'un petit moment de pur bonheur ! Une vague idée me traversa l'esprit sans pour autant y trouver une direction, un sens : comment parler de cette toute petite intervention ?
J'en étais là, le cerveau ramollo quand en divaguant sur le net, je vis cette petite vidéo. Ni une, ni deux, l'occasion était trop belle et je vous l'offre maintenant.
Je suis agnostique, je ne peux prétendre savoir quoi que ce soit de l'existence ou non d'une divinité quelconque. Je m'intéresse à l'humanité et ses multiples visages, kaléidoscope magique et surprenant. J'ai foi en l'humain, en ses capacités invraisemblables offertes par l'évolution, je crois en la solidarité et la fraternité, sinon, comment notre espèce aurait-elle pu survivre désarmée tels que nous sommes pour affronter la Nature et ses dangers ? Sans l'intelligence et la coopération, nous aurions disparu depuis longtemps.
J'en suis intiment convaincue.
Des anthropologues ont trouvé des restes d'hominidés très anciens (pas des homos sapiens sivousplait! ) dont un des squelettes n'avait plus aucune dent. Grâce à des méthodes scientifiques, ils ont pu dater la perte des dents bien avant le décès et ils se sont posés la question de sa survie dans un milieu sans outil pour mâcher, écraser la nourriture. Ils ont également découvert une usure anormale sur les dents des autres restes et ont alors émis l'hypothèse que l'édenté avait survécu en se nourrissant des aliments pré mâchés par ses compagnons ce qui implique de nombreuses perceptions pour un cerveau : compassion, entraide, considération de l'autre, adaptabilité, fort lien social. Certainement, les éléments sont ténus et ce n'est qu'une hypothèse mais il me plaît de me remémorer cette anecdote. Je l'ensorcelle, elle nourrit ma foi en l'humain et ces valeurs humanistes.
Pareillement, je me régale des écrits de mon ami Boris quand il raconte comment le câlin, la tendresse activent des hormones dans le cerveau du bébé permettant ainsi le développement de certaines zones du cerveau. Sans ces stimuli, elles restent atones et l'enfant ne se développe pas. Il peut aller jusqu'à se laisser mourir de faim quand ne manquant pas de soins quotidiens élémentaires les gestes sont accomplis sans tendresse, attention, affectivité. Je me régale également quand il raconte comment des enfants déficients suite à des mauvais traitements rattrapent les autres dès qu'une attention affective leur est portée. Je me régale quand il raconte comment la vieillesse, la maladie d'Alzheimer sont traitées selon les cultures avec des résultats flagrants de différences. Je m'interroge sur la réalité de ce que nous nommons personnalité quand il évoque des personnes malades mentales ou victimes d'accident à la tête dont les cerveaux sont étudiés par IRM. Et j'en oublie, noyée que je suis par le flot de mes pensées.
La liberté des hommes est immense, ils sont capables du meilleur comme du pire, du plus beau au plus laid, du plus merveilleux ou plus terrible ; c'est en cela que l'homme est unique. Néanmoins, c'est quand il se croit tout petit qu'il est le plus grand, la vanité étant certainement la plus grande tare humaine à mes yeux.
Quand un petit moine vient devant les plus grand nantis de la planète porter des idées de partage, de responsabilité, de solidarité, de respect, d'humilité, de conscience, d'altruisme, je repars gonflée d'espérance. Je recharge mes batteries en écoutant ces évidences apparemment si simples et me conforte dans les choix de vie que je fais.