A défaut d’être né.
En octobre 2008, j’eus une entrevue avec Jérôme de Sèze dans le cadre de son protocole de recherche sur la maladie de Devic auquel je participe (cf. article A propos de la recherche).
J’en profitai pour lui poser quelques questions, perpétuellement taraudée par la question de l’enfant.
- Le traitement est- il à vie ?
- Cellcept est à prendre tant qu’une autre molécule ne prouve pas son efficacité. Néanmoins, la recherche avance tellement vite que de nouveaux traitements arriveront certainement rapidement.
- Est- ce que vous pensez sérieusement que je pourrai encore avoir un enfant dans ce cas ?
- D’abord, il est impératif d’attendre deux ans après la crise, de suivre l’évolution et passer les traitements.
Comme je le regardais, buvant ses paroles, il comprit que le sujet était important ; j’étais en quête de réponses face à mes peurs et doutes, il enchaina, rassurant, volontaire.
- Si c’est important à vos yeux, nous le ferons avec vous, moi, votre spécialiste. Nous serons là pour vous accompagner. Certes, un risque de reprise existe mais nous savons y faire face, nous avons la batterie thérapeutique nécessaire. De toute façon, nombreuses de mes patientes ont eu des enfants sans problème.
Ouf ! J’avais une réponse claire et positive qui plus est ! Autant dire que j’étais comblée.
Je répétai ces paroles de retour à la maison mesurant toutefois combien la distance avec SeN était consommée, je ne trouvais pas l’attention désirée. Malgré ce triste constat, je ne perdis pas la joie offerte par cette possibilité, elle m’habitait telle un défi, un pied de nez à toutes les horreurs que j’avais entendues de sa part.
Me reste la quiétude d’avoir mobilisé toute mon énergie pour ce projet, j’aurai tenté tout ce qu’il m’était possible, je n’ai aucune lâcheté ou peur à me reprocher.
Peut être un homme sera là, prêt à nous accepter, mon fils et moi, tels que nous sommes, avec nos valises de vies cabossées, prêt à construire une vie avec nous, en pleine conscience. Prêt à plonger dans la vie pour prendre le pari d’avoir un autre enfant, porteur de l’espoir en l’avenir, l’avenir de cet enfant, celui de mon fils, le sien, le mien, le nôtre.
Peut- être pas.
Advienne que pourra. Désormais, je lâche prise. Je vis ici et maintenant.