Lors d’une des dernières séances avec Raphi, une collègue vint le saluer. Par des circonstances oubliées, nous en arrivâmes à parler des activités de son mari, il apprenait la géobiologie. Ayant déjà entendu parler des caractéristiques telluriques, je saisis l’occasion et demandai s’il lui était possible de passer à la maison afin d’en faire un diagnostic. Par intermédiaires variés, il reçut ma demande et l’accepta. J’étais ravie et curieuse.
SeN n’apprécia pas et ronchonna, méfiant. Je lui avais pourtant depuis longtemps parlé du malaise entre ces murs, de mon ressenti vis-à- vis des anciens propriétaires, des questions soulevées par les lieux et nos états piteux, il s’en souciait peu ; pour lui, c’était des foutaises. Je ne décommandai pas le rendez- vous, têtue.
Ce monsieur arriva timidement. Il avait son attirail, s’excusa d’avoir mis du temps à trouver et de n’être qu’un débutant, je balayai le tout enthousiaste. Il commença par les chambres.
Chez fiston : deux failles dont une faisait un embranchement. Merde alors, le lit était en plein dessus ! Du déménagement s’imposait. Etait- ce une des explications à son sommeil mauvais ? L’air de rien, il y avait peu de place non néfaste dans la pièce, ça commençait bien.
Dans notre chambre : les deux failles y continuaient, il y avait en plus une rivière en diagonale et un nœud machin dont j’ai oublié le nom. Ce n’était pas gagné non plus. Notre lit était en plein dessus et je restai incrédule quand je constatai qu’à la sécante faille- rivière se trouvait le bas de mon dos ! (un lien avec le début de la maladie en L5-S1 ?) Flûte crotte. Je voyais le visage de SeN se fermer encore plus, agacé, contrarié.
Forcément, en bas, nous retrouvions les mêmes éléments et il s’avéra ainsi que la maison était difficile à aménager. En plus, elle était d’un niveau énergétique très bas et tous les trois, nous étions complètement à plat. Fiston résistait par sa jeunesse, j’étais très bas et SeN juste en dessous de la limite. Il me fit un nettoyage direct que refusa SeN, fiston lui se débina profitant du manque de temps de notre visiteur. Il me demanda ensuite si la maison était ancienne :
- Une centaine d’années malgré les apparences puisque des travaux d’aménagements ont été effectués dans les années 70. Pourquoi ?
- Oh, il y a eu beaucoup de disputes ici. Je vais vous nettoyer ça aussi.
Nous échangeâmes quelques phrases plus discrètement loin d’un SeN contrôlant. Je m’interrogeai sur les conséquences de ce qu’il avait constaté et le lien possible avec mon état des derniers mois. « Je ne dis pas que c’est ce qui vous a rendue malade. Je dis que c’est un facteur supplémentaire venu s’ajouter à ce que vous aviez par ailleurs ». Hum…
Il resta deux heures et refusa de se faire rémunérer. Comme il m’avait donné un petit objet de ré-énergisation, j’insistai pour le lui payer ainsi que l’essence du déplacement, il céda. Je le remerciai vivement et chaleureusement puis il partit.
Evidement, SeN critiqua et critiqua, refusant catégoriquement de prêter la moindre importance à ses dires. J’étais fatiguée de mon nettoyage mais trouvai la force de lui rétorquer que j’agirai en conséquence.
De suite, j’ai déménagé le lit de mon fiston. L’emplacement semblait incongru, il n’en restait pas moins le seul possible. Quelques jours plus tard, comme SeN refusait de changer quoi que ce fût, j’installai un lit- futon pour moi dans notre chambre avec Anne, l’aide à domicile. Cette idée lui plut encore moins aussi, en rentrant, il finit par mettre le lit là où je l’avais décidé. Dorénavant, au rez- de- chaussée, j’évitais de m’asseoir là où passaient les failles.
Le plus surprenant ne vint pas directement de cette visite, plutôt de certaines réactions. Anne ne s’étonna pas et me dit très pragmatique et rationnelle que les failles étaient tout à fait normales du fait qu’une carrière de pierre était dans le village ; les explosions et l’exploitation remuaient certainement les sous- sols. Bé voui.
Mon voisin me raconta que lui connaissait très bien la rivière qui passait sous la maison ; autrefois, au coin arrière, il y avait un puits qu’il avait contribué à combler.
Mon médecin expliqua que tout point positif a un point négatif ; la montagne réputée très positive du village avait certainement le sien situé alentour de la maison.
Etonnamment, des voisins racontèrent les malheurs de la rue, des maux de tête incompréhensibles, des dépressions, des conflits, des drames, des maladies. Ma voisine parla également d’un imam qui lui avait donné un rituel en vue de purifier leur maison… Je reliai le tout spontanément et irrationnellement.
La semaine suivant la visite, la femme de notre géobiologiste m’interpella dans les couloirs de l’hôpital. Elle m’expliqua que son mari avait senti la méfiance de SeN et n’avait osé me parler d’autres choses. Elle se défendit de partir dans des délires ésotériques et acceptait que je n’y prêtasse pas attention mais son mari tenait absolument à ce que je sache que la maison était pleine d’entités, moi- même en portant au moins deux. Ces âmes n’avaient pas trouvé l’énergie de monter au ciel et s’étaient greffées sur moi afin d’y pomper mon énergie. Il m’avait nettoyée, nettoyé la maison et la savait propre pour quelques temps. Mouai, là, c’est un autre domaine où je ne m’aventurerai pas, le doute cependant m’étreint aux sensations et discours d’anciens.
Non que j’adhère totalement et aveuglément à ces hypothèses, je ne voyais là que la confirmation d’une perception malsaine de ces lieux. Il était évident que je n’y trainerais pas d’autant que s’y ajoutaient les aléas évoqués dans les possibilités de la maison (portes et fenêtres, caves et greniers, etc.). SeN quant à lui n’y attacha aucune importance soufflant à une seule occasion que depuis que nous avions déplacé le lit, il n’avait plus mal aux jambes.
Maintenant, il a remis le lit sur les failles, il ne tient pas à quitter ces murs reniant ce qu’il m’avait dit quand je m’étais installée avec lui (c’était sensé être provisoire en attendant mieux, cinq ans tout au plus). Qu’à cela ne lui tienne ! Je suis partie après cinq ans, contrainte par la maladie d’y rester trois ans supplémentaires. Dans le nouveau logement, une amie géobiologiste est venue: le lieu est positif, il n’y a aucune faille, une rivière passe dans un coin sans intérêt et j’avais un nettoyage à faire dans ma chambre, une personne malade y ayant longtemps vécu. Au cours d’une conversation anodine, une voisine évoqua l’existence de la rivière et une ambulance constamment à la porte pour un homme très malade vivant dans cet appartement. Bingo !
Alors oui, désormais, je ne place plus les lits sans savoir ce que réservent les sous sols. Oui, nous vivons dans un HLM, petit trois pièces, en bazar, en travaux et nous y sommes tellement mieux que dans cette foutue maison aux multiples possibilités.