Comme je le racontais dans l'article précédent, malgré la descente, je m'accrochais obstinément à des petites choses.
Pourquoi donc tenais- je tant à tricoter ce bonnet pour ma mère ?
Pourquoi prenais- je tant de temps à penser ce mandala ?
Pour le bonnet, je me hâtais, tricotant malgré mon incapacité à voir de jour, reprenant chaque nuit les mailles loupées, échappées. Quand je pensais avoir bien avancé, j'étais irritée au soir de constater qu'il y avait tellement d'erreurs. Je recommençais, je rattrapais avec mes petites aiguilles. Parce que, oui, en plus, je travaillais avec des petites aiguilles. Au bout d'un premier presque achevé, je le fis essayer à ma mère ; comme il n'allait pas, j'ai défait et ai recommencé après quelques calculs savants. Je VOULAIS le finir et j'ai réussi malgré tout. Ma mère était ravie.. et moi également. Elle le porte tous les hivers désormais.
Le voilà, sur sa tête :
Quant au mandala, l'idée de la mosaïque m'avait plu parce que je n'en avais jamais fait. Avec ma curiosité naturelle, j'ai été attirée, je voulais découvrir la technique. Les modèles standards ne m'intéressaient pas ; je peux être très exigeante. Noémie, adorable Noémie, n'a pas rechigné à me trouver des livres de modèles probables et improbables. Evidemment, j'ai pris ce qu'il y avait de plus improbable : avec de tout petits espaces où aucune tesselle ne rentrerait ; ça c'est pour moi : casse -tête absolu en dehors des sentiers habituels.
Voilà donc le modèle que j'ai choisi :
Noémie me l'a photocopié pour que je puisse trouver les couleurs qui me conviendraient selon ce qu'il y avait en stock et je me suis lancée :
Premier essai :
Deuxième essai
Et choix final :
J'avoue que j'avais un doute au fond de moi, une idée que je ne pourrais peut être jamais la terminer. Tant pis. Ce qui était fait l'était.
Entre le bonnet élaboré à la façon de la tapisserie de Pénélope, reculant l'échéance, attendant le retour de son Ulysse et le mandala, évocation de l'impermanence des choses dans le bouddhisme, je n'ai finalement travaillé que le temps.