Il y a une dizaine de jours, ma copine Babeth lança l'idée de retourner à un parc aquatique en Allemagne à quelques kilomètres d'ici où nous avions passé un très bon moment il y a quelques mois. Mon fils trépigna à cette idée et monta tout une aventure me mettant une pression terrible, questionnant et insistant tous les jours. Quand son plan initial s'écroula, il pleura pendant une heure et finalement, SeN proposa ses services pour emmener les garçons de son coté.
Le départ était prévu pour lundi vers 14h, Babeth me téléphona vers midi pour m'expliquer qu'elle était retenue au travail ; fiston fit un effort avec son camarade afin de rester tranquille, patiemment (un exploit pour lui !) et ce fut SeN, levé très tôt et fatigué qui m'interrogea régulièrement, laissant sous entendre que le temps passait, qu'il serait trop tard ... J'étais déjà fatiguée de ma journée et ce stress y contribuait fortement. Que faire quand je ne peux pas conduire ? Quand je ne trouve plus les forces nécessaires pour calmer ce monde et prendre la situation en main ? Néanmoins, je résistai au défaitisme car j'avais réellement envie de sortir, de m'amuser, de me défouler dans l'eau. Babeth arriva vers 16h30, nous réussîmes à partir, les garçons dans une voiture, nous, les filles dans une autre. Je racontai à Babeth les derniers événements et elle me conforta. A l'arrivée, envie forte de pipi (c'est la voiture, position et secousses) ... Je ne tins pas jusqu'aux toilettes, Babeth me gronda et je finis par me soulager derrière les buissons près de l'entrée. SeN était déjà reparti ( il n'aime pas l'eau) donnant 19h30 comme horaire de sortie aux garçons. Dans le hall, fiston vit les filles de Marina et son amie Svetla, nous nous étions ratés, elles partaient quand nous arrivions, dommage.
Dans les vestiaires, les enfants étaient si excités, j'avais du mal à garder mon calme et mes forces, me focalisant sur les joies à venir. Enfin, nous arrivâmes dans le parc : premier bain dans le grand bassin, remonté d'un couloir, premier toboggan et direction les gros toboggans. Les rapides fonctionnaient et comme ils sont intermittents, Babeth et moi y plongeâmes profitant de l'aubaine. Passant à l'extérieur, je sentis le froid et pensai que je n'y retournerai pas de si tôt, je suis frileuse. Départ sur les fesses, bong bong, plongeon dans le trou d'eau et je repartis emportée par le courant la tête la première dans pouvoir y changer quoi que ce soit . Au deuxième trou d'eau, ne voyant rien, dans la nuit, l'eau tourbillonnante et ma petite vue floue, je ne vis pas arriver le bord du toboggan et BANG mon front tapa violemment. Je repartis sans y penser et en bout de course, je m'essuyai le visage, heureuse de ma descente, toute de même... et là, j'entrevis le sang. Il ne cessait de couler à grosses gouttes, j'étais ouverte. Je me dirigeai vers la cabine de secours où j'essayai maladroitement de comprendre et de parler en allemand. Je pensai à une vague éraflure, un soigneur m'expliqua qu'il fallait suturer !
Ah, non ! J'étais là depuis 10 minutes à peine !
Comme je ne voulus pas être emmenée en ambulance dans un hôpital allemand (je n'ai pas la carte de sécu internationale, toujours pas !), je signai une décharge àù je donnai mon nom et celui de Babeth pour certifier que je me rendais à l'hôpital. Nous expliquâmes aux filles que nous partions aux urgences et que nous reviendrions plus tard, nous ne voulions pas gâcher le plaisir des enfants. Mic mac des explications en langues mélangées et retour à la voiture.
La France est à côté, moins de 10 km... il faisait nuit. Babeth ne voit pas bien et moi, encore moins. Nous tournâmes une bonne demi- heure sur des routes, incapables de retrouver le chemin. Il était 18h30 ; bah, autant retourner devant l'entrée et appeler SeN, qu'il vînt plus tôt. Nous riions longtemps dans la voiture parce que vraiment, là, nous faisions fort! Entre ma vessie et ma blessure, rire fut loin d'être aisé, cependant, qu'est-ce que cela nous fit du bien ! Babeth a ce petit truc qui vous rend la vie plus légère car elle ne s'encombre pas des futilités, ni des apparences ; elle va au principal, toujours.
SeN arriva sans mot dire (maudire) ou sermonner et Babeth partit chercher les enfants. 19h30. Le sang ne coulait plus et je dus faire deux pipis entre les voitures. Mon garçon revint, troublé, il s'était fait du souci et sa sortie tant attendue avait été balayée par son inquiétude à mon égard, il était tout blanc.
Grâce au GPS emprunté, nous traversâmes les frontières (20 minutes pour parcourir 8km dans une grosse ville) et Babeth repartit vers chez elle, nous laissant à la clinique. Là, j'attendis quelques minutes et le médecin de garde me sutura l'arcade sourcilière ouverte sur 3-4 centimètres. Fils à garder 6 jours et un gros pansement sur la tronche...
Il était tard, j'avais faim et j'étais fatiguée. De quoi ?
Frustrée d'avoir raté ma sortie
Réaction de ma mère : « Tu ne peux décidément rien faire d'intelligent ! »... Euh
Réaction de ma sœur : « Et la prochaine fois, c'est quoi ? Tu te casses la jambe au parc
d'attraction ? Tu te fais courser par un éléphant au zoo ? »... Hihihi
Je ne retrouve pas la vaccination anti tétanos dans mon carnet... et personne ne s'en inquiète. Ça craint.
Mon dernier accident corporel était un traumatisme crânien suite à une descente de luge il y a 12 ans ( j ai tout oublié sous le choc, il parait que j'avais tellement ri, crotte!)
Je fais une maladie rare.
Décidément, je n'en rate pas une et je ne le fais même pas exprès, je vous jure !