Le jardin entre en hibernation et n'offre plus ses bienfaits, il me faut ruser pour rester dans des consommations raisonnées.
Menus et ses probabilités choisies afin de nourrir les mangeurs de la maison tout en conciliant les susceptibilités de chacun ce qui n'est pas rien, nous le savons.
Saumon frais accompagné de riz, carottes râpées et épinards en branche.
Saumon label rouge s'il vous plait parce que les normes label rouge sont très proches de celles du bio. De temps en temps seulement pour savourer pleinement le poisson dont l'avenir reste bien incertain. .
Avec les journées froides, reviennent les envies de raclette. Par un concours de circonstances, j'en ai mangé deux de suite en deux lieux avec des personnes différentes. Je ne suis pas adepte de ces agapes trop grasses, trop lourdes. De temps en temps seulement pour voir le bonheur du fiston qui raffole des pommes de terre et du fromage. Force est de constater que ce plat des plus traditionnels ouvre des possibilités à celui qui regarde plus loin. Chez mon amie Babeth, elle l'a servie avec du saumon fumé et une salade de carottes quand à midi, je me suis régalée du fromage fondu sur des épinards en branche. Au moins, je ne me retrouve pas l'estomac lourd avec cette aberration d'avoir mangé plus que de raison, insolemment, vulgairement.
Mes plaisirs des derniers jours ont été
- la tamagouille de la semaine ; c'est par ce nom que mon garçon désigne ces plats bizarres où tout est mêlé. Pressée par le temps, débordée que je suis, l'heure du repas avançait, rien n'était prêt.et les placards quasiment vides. Envie de soupe, sans courgette ni pomme de terre, bof. J'ouvre une boite de pulpe de tomates où je jette l'habituel bouillon-pensée-à-ma-grand-mère. Pour compenser l'absence de viande, une bonne dose de lentilles corail. Dans la casserole à côté, la magique polenta prête en 5 minutes. Un régal qui a fait le bonheur de la tablée.
- Comme j'étais seule à table, je me décidai à faire un gueuleton avec ce que les mangeurs n'aiment pas. En express, je .fis sauter quelques noix de saint Jacques à la poêle avec de l'ail bêtement. Sur un lit de reste de riz et une salade verte, je me régalai.
- Une blanquette de veau, celle avec les os et le gras qui mijote des heures dans son bouillon entre carottes, navet et blanc de poireaux, une lichette de vin blanc sec. Et la surprise : sans crème avec fécule de maïs et lait de soja. Quelques pincées de curry et le bonheur de tous, même ma mère d'habitude si critique sur mes ingrédients peu conventionnels.
- Repas express composé de spaghetti au quinoa et au sarrasin remuées dans du thon de conserve écrasé avec une gousse d'ail, de la ciboulette, du persil plat, de l'huile d'olive et de colza, des cubes de tomates crues. J'aime les chaud et froid. Miam miam
- Soupe économique au possible : cuire trois pommes de terre avec le jus d'une conserve d'asperges, une gousse d'ail, le jus de la cuisson d'un poulet, de l'eau. Mixer le tout et c'est tout.
Il est arrivé un événement très rare dans ma cuisine, très très rare : j'ai raté un plat ! C'est le lot des expérimentateurs de ma sorte, un tribut à payer pour toutes les réussites. Et vous allez rire quand vous saurez que ce fut pour une simple pâte à crêpes que je dois ce fiasco ! Je devais partir pour mon cours de Qi Gong à 18h30 et rentrer vers 20h le soir où passe le seul feuilleton que je regarde (les cyniques et hypocrites femmes au foyer désespérées). Avec l'idée de me décharger, je préparai la pâte comme 'habitude : œufs, huile, farines d'épeautre, de sarrasin, lait de soja et eau, bicarbonate magique. Avec la crêpes-partie, c'est facile à gérer. Finalement, il n'y a rien eu à faire, elles étaient ratées, collantes à souhait. Je me faisais une joie de les manger avec les derniers concombres du jardin préparés en tsatsiki, tant pis. C'était plutôt bouillie mi cuite et tsatsiki Mon garçon a parlé d'un goût bizarre les mangeant malgré tout. J'ai tenté d'en faire une grosse « omelette » sans guère plus de succès. J'ai jeté mon dernier morceau alors que le fiston lui a tout avalé sans broncher. Etonnant.
Et encore plus étonnant : j'ai appris à ma voisine turque, musulmane pratiquante à préparer la ..
choucroute ! De l'eau additionnée d'un sucre en morceau, un verre de vinaigre blanc, du sel et une cuisson lente. Plus c'est réchauffé, meilleur c'est. Et la viande me direz-
vous ? Pff, moi, j'aime la choucroute avec du saumon frais ou des quenelles comme les faisait ma grand- mère (lait, œufs, sel, farine en pâte épaisse ; découper sur une planchette
des fines quenelles dégoulinantes jetées au fur et à mesure dans de l'eau bouillante salée. Quand elles remontent, elles sont cuites, les mettre dans l'eau froide pour éviter le
collage-agglutinage et faire revenir à la poêle). Le chou blanc préparé en saumure est une invention chinoise, la choucroute à la cochonnaille une adaptation austro-
hongroise.
En Alsace, la cuisine traditionnelle est basée sur les poissons. Mythe des 50 dernières années à la poubelle ! Et toc.