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Soirée d’empathie à mon égard.

Mon garçon est parti chez sa mémé pour le weekend, je n’ai pas envie de peindre ni de ranger, je traîne.

Je me suis fait plaisir pour le repas avec une poêlée aux gésiers de canard, lardons, pommes de terre haricots verts et pignon de pin sur une laitue au vinaigre de framboise, petit repas dégusté en conscience. Je me promène sur le net dans le pratique et le vague tout en écoutant quelques musiques envoûtantes.  Ce décor n’a pas grande importance parce que l’essentiel est à l’intérieur.

  Ce soir, je me promène au gré des ressentis émotionnels et corporels grâce aux expériences des derniers mois. Je divague et louvoie à vue sur mes tensions dans la nuque, le dos, les jambes, j’enrobe ma vessie de compassion, je laisse passer les émotions en constatant néanmoins que le creux de mon être ne se démonte pas ... Comme si je regardais passer ces travers de l’âme de loin.

  A cet horizon, j’ai connu colère, tristesse  et renoncement : une altercation avec SeN m’a ramenée à ces impasses où j’étais cloitrée. J’en suis sortie, certes, j’ai besoin de temps pour me dépêtrer de ces engluages surtout quand les circonstances me ramènent à ces voies malsaines où je me suis engagée inconsciemment autrefois.

Triste parce que je mesure plus chaque jour son enfermement. Il s’y plait, c’est rassurant et connu, comment pourrais-je intervenir dans sa vie ? Cela relève de son parcours et de sa responsabilité.

Colère parce toutes ces années passées avec lui me laissent un goût amer de possibilités ratées, rejetées ; toute une trentaine mise au pilori avec déjà trois années de maladie en aboutissement atroce d’un désespoir devant ses peurs.

Le renoncement en bouquet final simplement parce que je me sais impuissante à changer quoi que ce soit, c’est à lui de cheminer. Mon cœur se pince quand connectée à lui, je ressens ses tiraillements internes, ses frayeurs et sa propre colère envers lui-même parce qu’il est incapable de prendre une décision.

 Au plus fort de l’altercation, je m’étonnai de mon calme intérieur, de ma capacité à me camper solidement devant ses sursauts de colère à la père Goriot. Seul le corps en deux temps m’a ramené à ces trop pleins : des larmes coincées dans la gorge qui sitôt senties ont disparues et l’imminence d’une fuite qui finit en brûlure dans la précipitation aux toilettes ; la culpabilité de ma mère qui se ronge les sangs, les tentatives du fiston de calmer le jeu (pourtant qu’est- ce qu’il est colérique et hurleur celui- là à ses heures de crise !).

 Dans les heures suivantes, j’ai appliqué la CNV, benoitement tant avec SeN qu’avec ma mère, aucune autre voie n’avait de sens dans ce contexte. Et j’ai  été empathique avec moi- même.

Laisser passer les émotions, les tourments, écouter las tensions du corps, les accepter pour les défaire et ne pas me réfugier dans la fuite soit par l’abrutissement ou le travail physique en tentant des travaux hors de ma portée.

Puis lâcher, lâcher prise

Finalement mesurer le calme qui m’habite. Malgré tout, je ne me culpabilise plus, je ne me torture plus, je ne me punis plus, j’accepte les responsabilités de chacun. Rester chez soi. Totalement.

 Il en est fini des chimères et des travers d’autrefois ; désormais, je vis pleinement. Pensée pour tous ceux jalonnant ce parcours et ma reconnaissance, ma gratitude à leur égard.

 Car je le sais, je ne peux rien faire hormis penser à moi, mon fiston (et là, j’ai du pain sur la planche !!). Je pose des limites claires en répétant mes ressentis, les raisons de mon départ, l’horreur du flou, des incertitudes et surtout des ingérences de son histoire familiale, du poids de sa peur atroce de déplaire à ses parents. Ce qu’il en fait est de sa responsabilité, je ne suis pas coupable.

 Aussi facile qu’il soit de me cataloguer dans la série méchante, je sais que je ne suis qu’un messager de feu à l’éclairage insupportable pour qui veut fuir. Dans le lâcher prise, cela aussi, je l’accepte pour ne cheminer que sur ma propre voie, sans juger ou préjuger de celle d’autrui.

J’ai cru mourir il y a trois ans alors franchement, je ne vais pas m’encombrer  inutilement avec les aléas des autres, ne me reste que la compassion pour lui, sincèrement. Qu’il me traite de méchante, cela ne m’atteint pas, je sais qu’il se protège et protège son système ; je suis dans une autre dimension, j’ai d’autres expériences merveilleuses à vivre, ici, maintenant, demain, ailleurs. Je me suis réveillée, je suis libre.

et cette chanson en écho qui tourne depuis plusieurs minutes... le hasard 

 

 



Clean
The cleanest I've been
An end to the tears
And the in-between years
And the troubles I've seen

Now that I'm clean
You know what I mean
I've broken my fall
Put an end to it all
I've changed my routine
Now I'm clean

I don't understand
What destiny's planned
I'm starting to grasp
What is in my own hands
I don't claim to know
Where my holiness goes
I just know that I like
What is starting to show

Sometimes

As years go by
All the feelings inside
Twist and they turn
As they ride with the tide
I don't advise
And I don't criticise
I just know what I like
With my own eyes

Sometimes

Sometimes

 

 

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J
Commentaires<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> Bonjour... C'est ça la solution ! Penser à soi, s'accorder ces petites "récompenses" pour parler "psy" dont notre cerveau, notre corps ont tant besoin. De toutes façon on est toujours seul à "vivre notre vie". Seul de la naissance, que nous n'avons jamais sollicité, à la mort qu'on fini par attendre. Entre ces 2 points de repère, il faut s'extraire des "conneries" que la société nous impose, nous inculque...  Cette culture judéo-chrétienne qui nous fait croire qu'il faut payer nos fautes pour finir à la droite "du Père" (putain... mais c'est la place du mort... pffff), nous pourri la vie depuis des siècles. Il faut profiter de tous les petits plaisirs qui peuvent s'offrir pour VIVRE. Depuis quelques temps c'est devenu ma seule devise. Vivre, vivre sans culpabiliser. Et... quel plaisir que de vivre au milieu de ce petit troupeau de brebis. Chacune a sa personnalité, mais quel bonheur que de voir une réelle "affection" se tisser chaque jour. Affection qui doit se partager entre toutes ces têtes blanches aux grands yeux - parfois malicieux - et... mon chien. Une jalousieentre ces animaux, toute humaine, me fait culpabiliser. Ca y est... c' est reparti... la culpabilisation ! Comment ne pas faire sentir qu'il y a plus de sentiments pour l'un/l'une, que pour les autres ? Heu... en dégustant un... "haricot de mouton" ! La vie est si courte... encore que parfois elle semble s'éterniser, alors jouissons autant que possible. Même sans Rolex, ni Porche, ni FOUQUET, ni autre conneries mercantile, jouir du moment présent et de nos sens. Bon dimanche.<br /> Commentaire n°1 posté par Philippe PHLQ le 25/10/2009 à 08h06<br /> <br /> <br /> Penser à soi, ce n'est pas être égoïste, voilà une des grandes leçons dans la maladie. Et pour tout le reste, je suis heureuse de sentir plus de plénitude dans tes mots! Je ne peux qu'aquiescer en tout. Bon vent de partout!!! <br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 25/10/2009 à 09h50<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> A mon sens, le "raté" n'existe pas. On a toujours attiré dans nos vies ce dont on fait l'expérience. Il n'y a pas de hasard. Quand on évolue (spirituellement) on fait aussi évoluer la situation, soi à deux, soi seul. La Vie nous offre toujours, en même temps que le problème, la ou les solutions. La Vie sait que pour "qui nous sommes" en particulier, telle expérience est surmontable. Nous avons en nous la capacité de tout résoudre si nous le souhaitons. Je te dis tout ça alors qu'en fait, tu le sais déjà! Bon dimanche à rallonge!<br /> Commentaire n°2 posté par Annie le 25/10/2009 à 09h31<br /> <br /> <br /> Dans les vies agitées, il y a des possibilités énormes d'évolution; dans les vies calmes, un besoin de ses poser, se reposer. A travers plusieurs vies pour ceux qui y croient ou pour les générations à venir pour ceux qui n'y croient pas. Je suis responsable de ce qui m'arrive, je suis heureuse que la maladie m'ait ouvert les yeux et me permette de faire le ménage, pour moi, pour mes ancètres, pour mon fils. Si je suis passée dans la vie de Stéphane, il y a une raison qui lui appartient et c'est à lui de s'en occuper. Au moins, j'en ai fini avec les troubles tant de la vie que de la vue (intérieure). En cela, c'est un cadeau précieux. Dimanche en présence ici et maitenant avec la joie de faire des rencontres si belles <br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 25/10/2009 à 09h57<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> Intéressant de voir comme nos chemins sont en parallèle, avec des problématiques différentes mais qui mènent à la même libération des schémas qu'on nous a imposé et que nous avons suivi, sans comprendre que nous étions encore aveugles.<br /> Commentaire n°3 posté par Magali le 25/10/2009 à 10h02<br /> <br /> <br /> Je te l'ai dit de vive voix, nous ne nous sommes pas rencontrées par hasard il y a bientôt 20 ans.<br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 25/10/2009 à 13h41<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> C'est bien, de réussir à rester soi-même, entier, vrai, face à l'autre qui joue toujours son même rôle. Oui, tu as raison, tu ne peux rien faire pour lui, c'est à lui de faire le chemin. Toi, vis, respire, profite ! Tu l'as bien mérité (comme nous tous, en fait ! Sauf que certains se l'interdisent... dommage !)<br /> Commentaire n°4 posté par Coq le 25/10/2009 à 12h15<br /> <br /> <br /> ...<br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 25/10/2009 à 13h45<br /> <br /> <br /> Je te lis, je t'entends ... et j'acquiese Je te connais ... et je souris. Je TE souris. Ce matin, j'ai marché 10 km sur la plage en compagnie d'une femme qui m'a un peu parlé de psychogénéalogie, j'ai pensé à toi. Bises     ;)<br /> Commentaire n°5 posté par mariev le 25/10/2009 à 14h01<br /> <br /> <br /> Ah Mariev, mon coeur est baigné de joie à te lire parce que je sens ce qu'il y a entre les lignes, les mots. ces pointillées insoupsonnés qui font se renconcter les êtres...<br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 25/10/2009 à 14h28<br /> <br /> <br /> Alors, je souris encore davantage, car ta petite erreur de frappe "qui font se renconcter les êtres..." je l'ai lue comme ça : reconnecter Et finalement ... y'a pas d'erreur de frappe!! <br /> Commentaire n°6 posté par mariev le 25/10/2009 à 21h39<br /> <br /> <br /> entre rencontrer et reconnecter... Et il y a le RE. Deux personnes qui se retrouvent? <br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 27/10/2009 à 17h41<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Je trouve que parfois, malgré la richesse d'une langue, on ne peut pas exprimer ce que l'on ressent envers les autres. Ce qui est palpable à un moment ne sera plus l'instant d'après... ce qu'on croyait immuable se craquelle et tombe à terre... Nous ne savons pas nous-même ce qui sourd de nos âmes. C'est parfois tellement difficile de faire cesser le tourbillon des sentiments, des ressentis, pour en faire un instantanné ; impossible de saisir tout cela sur la durée. Alors parfois, l'Homme se tait plutôt que de se tromper, que de blesser, que dire une chose et son contraire. Il est à espérer qu'il ne se taise pas trop longtemps, accepte de dire encore, de se tromper, et de redire... .<br /> Commentaire n°7 posté par la Femme des Steppes le 25/10/2009 à 23h18<br /> <br /> <br /> Accepter qu'il est possible de se tromper, ça oui, c'est un travail que bien des égos refusent! VIVE LA CNV! Nous en avons tous tellement besoin.<br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 27/10/2009 à 17h45<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> Que je suis heureuse de te voir apaisée, sereine, enfin. Il est des moments, ainsi, pendant lesquels tout s'accélère, se met en place après des semaines, des mois d'errance et de doutes. Tu as cheminé pour enfin trouver ta vérité, La vérité : chacun n'est responsable que de sa propre vie, quoi que l'on puisse entendre ou veuille nous faire reposer sur nos épaules. Quelle merveilleuse découverte !<br /> Commentaire n°8 posté par cybione le 09/11/2009 à 15h26<br /> <br /> <br /> Le lâcher prise en art de vivre <br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 16/11/2009 à 21h42<br /> <br />
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