Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Qui ne tente rien n’a rien.

Têtue tête brûlée que je suis, cet adage est mien depuis de nombreuses années, la maladie n'ayant que renforcé ce foutu trait de caractère volontaire. Aussi, quand mes amis Delph et Vince me proposèrent une virée au zoo de Bâle, je me suis laissée tenter. Pour ne rien gâcher, le fiston aura eu une belle sortie pendant ses vacances.  Organisation sur le pouce, à la « one again » comme le dit si joliment Delph : coup de fil le samedi pour décider en quelques secondes de la tournure des événements, organisation très vague avec ce zeste d'aventure improbable. Dimanche, je ne savais rien de très précis hormis qu'ils venaient nous chercher, que nous dormirions chez eux afin de partir tôt le lundi, situation des plus angoissantes pour des contrôlants uniquement rassurés par les cadres clairement définis ; je ne suis pas de cet acabit, hé hé.

En fin d'après midi, le téléphone sonna et une petite voix me demanda si nous étions prêts... «  Heu... pourquoi ? Vous venez là, maintenant ? ». Ben oui. Tranquillement, je préparai nos affaires avec un fiston tout excité. Une bonne heure après, ils arrivèrent et en quelques minutes, nous embarquâmes dans la voiture.

Patati et patata sur le programme : döner kebab pour les amateurs et tarte flambée au dîner, dodo et lever tôt pour attraper le train du matin ; avec le démarrage du carnaval à Bâle, le trajet en voiture eut été très compliqué » tant mieux. Les prévisions météo semblaient plutôt bonnes, encore que j'avais vu de la pluie. « Bah, nous aviserons. Les Scandinaves disent qu'il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que des mauvais vêtements » Repas tranquille bon enfant, sans prise de tête pour le bonheur de tous. Je me régalai d'une excellente huile d'olive parfumée et de jus de citron sur du mesclun. Manger chez eux est toujours une découverte ; ce sont des gastronomes avisés et curieux de saveurs variées et multiples. Il s'en fut d'ailleurs de peu pour que nous mangeassions dans un resto renommé dont ils connaissent le chef. Ce n'est que partie remise, de toute façon. Dodo détendu et bien être intérieur, je me sens libérée d'être là, hors de ma résidence surveillée.

Lever sans souci après une bonne nuit alors qu'Etienne, excité a peu dormi. Comme il s'en plaignait, je le taquinai en lui rétorquant « Oh, tu ne seras que de mauvaise humeur toute la journée ». Il était préférable d'en rire, le ton dans la voix change tout, le conflit n'éclata pas. Table de petit déjeuner incroyable, nous nous régalâmes ; tant d'attentions de leur part me touche : en ces instants, je me sens considérée et non quantité négligeable.

Les dernières minutes s'accélèrent, le train n'attend pas. La tension monta quelque peu, les priorités de chacun n'allant pas forcément dans le même sens. Finalement nous partîmes à une heure qui me sembla convenable. Vince s'inquiétait du temps et les contre temps s'accumulèrent : attente à la boulangerie pour les sandwiches commandés parce qu'une jeune femme hésitait entre un petit pain au chocolat et un croissant aux amandes, travaux sur le pont obligeant à prendre la déviation. A- La, autre compagne de sortie envoya un message pour signaler qu'elle attendait déjà sur le quai de la gare, aïe ! Nous préférâmes rire de l'étiquette « en retard » collés à Delph et Vince. J'expliquai alors la loi de Murphy, loi de l'emmerdement maximum ou comment nos perceptions sensorielles et émotionnelles enchantent notre vie (voir ici pour plus de renseignements). Arrivée in extrémis à la gare, je vidai rapidement le coffre quand Vince revint d'un rapide petit tour vers les quais«  On rembarque tout, je me suis trompé de gare ! ». Éclats de rire généralisé et constat que le premier  train nous  échappait. Heureusement, le suivant arrivait une demi-heure plus tard, nous ne craignions rien. Comme nous arrivâmes à la bonne gare, nous nous amusâmes tous de la loi de Murphy et de ses charmantes surprises. La pluie ne cessait de tomber.

Montée dans le train dans la bonne humeur avec des délires sur les aventures à venir. Première gare suisse annoncée, était- ce là qu'il nous fallait descendre ? Toute l'équipe hésita puis se décida à sortir. Subitement, un homme courut vers nous dans le wagon et nous demanda où nous allions avec un bébé (la poussette)

-       Ben, au zoo.

-       Oh, ce n'est pas là qu'il faut descendre ! Avec le carnaval, toute la ville est bloquée et ici, vous risquez de vous retrouvez complètement coincés, loin de tout.

 


 

Et oui, ce n'était pas la bonne gare et toute l'équipe  remonta dans un fou rire alors que nous bloquions le train dans cette gare sous les regards des agents. Arrivés à bon port, nous parcourûmes les quelques mètres jusqu'au zoo, sous une pluie battante nous demandant s'il était ouvert en ce jour très particulier du carnaval. Ouf, pas de souci. Nous arrivâmes dans un rire de soulagement.

 


Magnifique parcours parmi les animaux de toute sorte bien que de nombreux enclos fussent vides. Pas folles ces bêtes, la pluie était battante et il n'y avait décidément que de drôles d'animaux pour se promener là-dessous. Ponchos, parapluie et autres imperméables limitèrent les dégâts... encore que nous fûmes tous trempés. Fort heureusement, il y eut le vivarium, les salles intérieures. Nous y vîmes les éléphants, quelques gazelles et okapis, les grands singes particulièrement intéressants et si proches de nous. Regardez moi ces coquins !

 

 


 

 

 

Une espèce était en liberté entre les cages, ils avaient dû se faire la malle pour le démarrage du carnaval à trois heures du mat ! hihihi

 

 

 

 

 

 

Repas goûteux et partage spontané des contenus des sacs dans des alcôves sonorisées du bruit de la savane avec moult conversations intéressantes ponctuées de cris et grognements d'animaux sauvages.. La pluie ne cessait pas de la journée et nous rîmes souvent de l'acharnement de la loi de Murphy surtout à l'encontre de ce pauvre Vince si attentionné envers toute la petite troupe. Boutade et éclats de rire alors que tout, vraiment tout aurait pu nous énerver, nous dégoûter, nous exaspérer.

 

Mon garçon fit le guide pour la joie de tous, déchargés que nous fûmes de la tâche. Grâce à lui, nous vîmes quasiment tous les animaux et le plan, trempé, mouillé, finit en lambeaux à la fin du parcours. Combien il était heureux de cette ambiance détendue où les contre temps devenaient prétexte au fou rire, entre auto dérision et bonheur d'être solidaires devant les aléas, sans énervement.

 

Je suis bienveillante des grandes leçons reçues grâce à eux. Voyez- vous, je craignais de ne pouvoir suivre physiquement et au bout du compte, je fus fatiguée comme eux, étonnamment résistante au regard de mon état physique ; nous étions tous fiers de moi. « Regardez qui se dresse bien droite d'avoir tenu le choc alors que nous les vieux sommes tous HS » s'exclama A-la à la gare d'arrivée. Bon, ok, la vessie a lâché là, sous la fatigue, mais j'avais pris mes précautions et elle ne me contraignit nullement.

Ils ne s'exaspérèrent guère de mes lenteurs, ravis au contraire de prendre ce rythme lent. Mes allers-et- venues incessantes aux toilettes ne firent l'objet d'aucune remarque. Personne ne s'énerva des débordements autoritaires ou maladroits d'Etienne, entre fermeté et explications pertinentes, les enjeux d'autorité étaient clairs et les rôles de chacun définis.

Il est possible de vivre en bonne intelligence quand chacun y met du sien, ne transposant pas sur l'autre ses propres égarements, ses propres travers en défouloir égoïste.

Cette journée fut des plus agréables. Avec une organisation raisonnée, un esprit de coopération, l'envie de profiter de ces instants sans s'attacher aux contrariétés, ce genre d'expédition est possible. C'est ensemble que les contrariétés se gèrent, se partagent, elles en perdent du coup leur poids.

J'espère que s'ils me lisent, mes compagnons d'aventure ajouteront quelques menues anecdotes dans leurs commentaires afin d'enrichir mon récit.

 

Merci à vous tous ! Nous avons tenté et y avons tous gagné un merveilleux souvenir.

Elle est pas belle la vie?


Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
A Annie:<br /> Accepter l'idée que la vie est faite de revirements incessants et qu'il est de notre liberté de se mouvoir en son sein. Portée pas les autres parce que nous nous acceptons d'abord nous même tels que nous sommes, humains imparfaits. Faire de la lenteur un art de vivre pour être pleinement dans la vie et non dans l'avant ou l'après sans consistance. Chère Annie, quelle belle philosophie non? <br /> Réponse de fée des agrumes le 08/03/2009 à 13h47<br />  <br /> A Coq:<br /> <br /> Oui, tu as parfaitement raison, ce sont les personnes avec qui ont les fait qui importent. <br /> Réponse de fée des agrumes le 08/03/2009 à 18h44<br />  <br /> A Pandora:<br /> <br /> Bonjour Pandora, Nous n'avons pas vu la cavalcade qui passait ailleurs dans cette grande ville.  J'y étais petite et ai été très effrayée par les masques monstrueux, les attitudes des "sorcières" à l'époque! Carnaval est là pour effrayer l'hiver et ils m'ont bien fait peur.  J'y retounerai certainement afin de le regarder autrement, loin des peurs d'enfant. Quant au zoo, nous y retounerons sous le soleil et  avons encore d'autres projets! Il m'arrive de temps en temps de penser que je pourrais voyager, "Pourquoi pas?". Annie et toi n'êtes pas en reste, n'est- ce pas?  <br /> Réponse de fée des agrumes le 09/03/2009 à 13h04<br /> <br />  <br />
Répondre
P
Ben si elle est belle, et les amis et la chaleur humaine priment sur le décor et la météo...Vous y retournerez sous le soleil ;-)Et la cavalcade, elle était belle?Bonne journée féé, avec ou sans pluie
Répondre
C
Je pense souvent que ce n'est pas ce que je fais qui est important, mais les personnes avec qui je le fais... une journée qui pourrait être cauchemardesque se transforme en une aventure pleine de rires et sera finalement un merveilleux souvenir!
Répondre
A
Bonjour chère Fée!Je partage avec toi le fait de mieux suivre physiquement ces temps-ci et plus j'en fais, mieux je vais (le plus dur est de se décider à commencer). Les autres n'ont pas forcément de problème avec la lenteur. Ils ont eux aussi quelque problème physique certainement et sont heureux des faiblesses des autres qui leur permettent d'accepter leurs propres difficultés (cela peut être dans un autre domaine). Je note ausssi qu'en compagnie les problèmes s'estompent car on n'est plus à ruminer avec soi-même à ce précieux moment.Du coup ma forme me permet de reprendre mon blog, c'est malin, après avoir dit que j'arrêtais tout, mais ne dit-on pas que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis?Amitiés
Répondre