Après manger, un petit groupe se forma sous l’égide de John direction:
l’atelier des briques de terre crue.
Il nous expliqua en préambule la richesse de cette technique, comment elle était utilisée largement à travers le monde, les possibilités qu’elle offre ainsi que ses limites (mouillées, les briques fondent, logique). Joli petit tour rapide des diverses techniques de construction écologique (là encore Marieke m’épata de tant de connaissances !), l’idéal étant d’en utiliser plusieurs dans une même construction afin de s’adapter parfaitement à l’environnement, chacune offrant des avantages dans tel cas et des désavantages dans un autre (orientation, climat, positionnement, etc.).
Le mélange de base est terre, sable, paille et eau dans des proportions à trouver empiriquement et/ ou avec l’expérience selon la composition de la terre d’origine plus ou moins argileuse (si elle ne l’est pas, il est possible d’ajouter de l’argile trouvée ailleurs). Car oui, il n’y a guère de secret que celui de l’’expérience dans ce cas. En l’occurrence, John évoqua et montra des essais de la première heure sur le site des Amanins qui, avec le temps, se révélaient trop hasardeux engendrant fissures, effritements et autres réjouissances.
Pour élaborer des briques de terre crue, il existe deux techniques : la presse et l’adobe.
La presse :
ramasser du mélange

le mettre dans une bétonneuse la mouiller en dosant l’eau afin d’obtenir une pâte épaisse

remplir la presse en appuyant partout, surtout dans les coins

presser
sortir la brique

la mettre à sécher plusieurs jours ou semaines selon la météo
L’adobe :
John récupéra des restes inutilisés dans un coin, il fut nécessaire de les émietter à la masse

Arrosage

Brassage

Préparation des moules

Remplissage

Pressage

Séchage, ici, la mienne

Là d’autres plus anciennes

Ensuite, en groupe retreint, nous fîmes un petit tour des constructions avec les explications éclairées de John, très pragmatique, soucieux d’expliquer les tâtonnements, les expérimentations, les erreurs, les techniques au gré des circonstances.
Je consacrerai un article sur les lieux ultérieurement afin de prendre le temps de montrer et expliquer ce que j’ai retenu et compris tant j’ai à raconter. Toutefois, le partage de ces quelques heures fut très instructif, je découvrais un champ incroyable de tentatives, de parcours variés dont celui de Marieke ou d’autres qu’elle rapporta ainsi que les expériences de John. En souffle vivant, les alternatives à la frénésie des constructions actuelles existent ! Par delà le béton, le massacre des paysages naturels ou ancestraux orchestrés par l’appât du gain dans la spéculation immobilière et foncière, fondements de la prétendue richesse actuelle ( avec l’argent qui produit de l’argent), des humains se lancent dans la réflexion et la mise en pratique d’une construction respectueuse de l’humain, du lieu, du vivant. Ouf ! Tout n’est pas désespéré finalement ?
Dans ma caboche, lentement, les sensations engendraient des esquisses de pensées.