Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Et si je rentrais ? Février 2007

La première perfusion avait arrêté la descente, la deuxième mi février me permit de tenir assise indéfiniment, d'abandonner le fauteuil électrique pour un fauteuil manuel et de reprendre possession de quelques moyens élémentaires tels que me laver, m'habiller en partie. Il était convenu avec Solange qu'un retour à la maison n'était envisageable que quand je serai capable de me transférer et de me sonder seule. A la vitesse où le traitement faisait effet, j'avais bon espoir que mon hospitalisation ne durât pas très longtemps.

 Dans ce service, tout était adapté et j'étais si bien, entourée, occupée, choyée, heureuse de re- vivre. Pourtant, mon garçon me manquait et je le savais isolé tant dans le village que dans la famille de SeN; certaines phrases dites, certaines attitudes observées auparavant ne me rassuraient pas. Certes, sa mère prenait grand soin de lui, ils s'entendaient et fiston était ravi en sa compagnie ; SeNfaisait certainement de son mieux également, je n'en doutais pas, pris qu'il était entre ses obligations quotidiennes, son travail et les longs longs déplacements pour venir me rendre visite... Malgré tout, je ressentais le besoin de rentrer et de reprendre en mains l'éducation de mon fils, j'avais lâché trop longtemps noyée par la souffrance et l'idée d'une mort prochaine. Désormais,  l'espoir d'être encore là pour lui et de lui transmettre ce que je pouvais me tenait.

Par ailleurs, avec l'expérience de l'hôpital, je réalisai l'inadaptation flagrante de la maison à mon état. Cette situation m'était d'autant plus choquante que l'ancienne propriétaire avait vécu là dedans pendant 15 ans hémiplégique avec pour seule aide son mari. Je ne comprends toujours pas comment ils ont pu faire. Enfermée, sans accès pour le fauteuil tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, sans sanitaire adapté, complètement dépendante, le dévouement absolu de son mari qui finit par mourir d'un cancer, elle avait été ensuite placée dans une maison de retraite où elle vécut encore plusieurs années. Je ne pouvais pas imaginer me retrouver ainsi, à la merci du bon vouloir aléatoire d'autres. Non !

Le lit médicalisé deux places n'était pas prêt après des mois de commande, aussi, un lit une place avec matelas adapté fut demandé en attente. Je discutais avec l'assistante sociale, les ergo, les médecins pour organiser la vie quotidienne dans le handicap.   Faire venir une infirmière, une équipe pour la toilette, une aide aux mères pour la gestion domestique. Les petits gestes élémentaires de la vie sont ceux qui manquent le plus dans cet état. Il me fallut batailler ardemment avec SeN pour ne pas céder à ses craintes. Il n'aime pas le changement dans son quotidien, ses petites affaires, ses habitudes  et encore moins que des étrangers entrent chez lui; il se targua de pouvoir tout gérer lui- même. Il était hors de question que je me laissasse gagner par ces angoisses irraisonnées, nous avions besoin d'aide et je ne voulais pas me retrouver face à ses fatigues, exaspérations et agacements, je ne voulais pas être tributaire des humeurs inévitables de l'entourage confronté à une situation difficile. Fin février, envers et contre tout, le cadre s'organisa. Le programme en hôpital de jour s'élabora à nouveau.

J'eus quelques pincements au cœur inévitables : Cathy avouant  en mangeant la charlotte au chocolat en ergo que je leur manquerai ,  Marie Jo semblant remuée quand je lui dis que je ne serai plus là à son retour de vacances, quitter Elodie car elle ne s'occupait que des personnes hospitalisées à temps plein. Comme Noémie, Marie, les soignants du service, je me réconfortais de les savoir proches ; à mes yeux , je ne les quittai pas complètement ( ils sont d'ailleurs toujours là, en moi) Et puis, j'allais retrouver Raphi, les ambulanciers, la maison, quelques coquetteries du fait de mes affaires à portée de main, la psychanalyse. Je passai à un autre chapitre, gonflée des richesses des deux derniers mois passés en si bonne compagnie. Une nouvelle bataille se préparait, je le savais mais aucune peur n'avait de prise, je me sentais prête à affronter d'autres tempêtes.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Commentaires<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Prête à affronter d'autres tempêtes, avec la certitude ancrée en toi que tout ça vaut toujours le coup de vivre! Une bonne leçon pour beaucoup! Vive la vie, et même vive les tempêtes, puisqu'elles font partie de la vie!<br /> Commentaire n°1 posté par Coq le 07/01/2009 à 20h47<br /> <br /> <br /> Tout à fait Coq  linette  Vive la vie! Et les tempêtes sont parfois nécessaires pour réaliser combien elle est précieuse, cette vie que nous malmenons trop souvent, ignorants que nous sommes.<br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 08/01/2009 à 11h29<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Et aujourd'hui comment vas-tu?Même handicapée, une personne est un être humain, cela fait 31 ans que j'ai dû  tenter de m'accepter, et depuis quelques années enfin, je l'ose. Maintenant je suis pleinement dans l'acceptation, tout ce travail porte ses fruits et même je suis plus riche qu'"avant".<br /> Commentaire n°2 posté par Annie le 08/01/2009 à 06h40<br /> <br /> <br /> Chère Annie, Dès l'instant où j'ai compris que la maladie était grave et l'issue incertaine, j'ai su que je n'arriverai pas à gérer ça en plus du reste. Aussi, je me suis jetée dans la psychanalyse tête baissée sans y réfléchir (voir les articles allers et venues en psychanalyse) . Désormais, je ne regrette rien et me sens sereine comme jamais. Il m'arrive de me fâcher contre moi- même d'avoir attendu une telle extrêmité pour parvenir à franchir le cap et puis, je me dis que cette chance n'est pas donnée à tous. C'est par  Michel Odoul et son introduction à Dis moi où tu as mal et je te dirai pourquoi que j'ai également pu regarder les événements sous un autre angle.  Fi de la culpabilité, et en avant vers la responsabilté. Le corps quant à lui évolue et je garde bon espoir; je suis passée de la lutte à la coopération. En plus, la recherche avance si vite, j'y crois. Tant que la vie est là, quel autre choix?<br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 08/01/2009 à 12h01<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> merci, merci mille fois merci, vous avez mis les mots justes sur ce que je vis et que je ne savais exprimer sauf dans une grande collere envers tous ceux qui m'ont ignorée quand je disais que je n'allais pas bien. Devic moi aussi depuis septembre 2007 seulement diagnostiquée en fevrier 2008 par le professeur Pellegrin a Haut-levéque a Bordeaux, et comme pour vous il est mon sauveur, il m'a ecoutée il savait et il m'a soignée, meme traitement andoxan et premier controle en mars prochain mais je remarche, je me débroulle de mieux en mieux sauf avec mes yeux , plus que 4dixiemes au total et je suis apicultrice alors ma plus grande detresse est que je ne vois plus mes abeilles . cette maladie a créé autour de moi un "ménage" adieu les faux amis, adieux les illusions mais en echange qu'elles découvert de mon fils de 25 ans et de mon ami a eux deux ils me rendent une grande partie de ce que d'autres imcompétants persuasifs et seulement inquiéts de leurs honoraires m'avaient volé . Maintenant je sait ou est la vraie vie et je m'efforce de ne plus penser a ceux qui souhaitaient me voir disparaitre de la vie de mon ami (tout le monde a sa belle famille) helas pour moi elle se résume en une malfaisante, mais maintenant c'est fini je suis protégée par mes  DEUX AMOURS j'ai troqué mes perruches contre des oies, grands oiseaux incorruptibles et grandiens ils servent de détecteurs de présence je commence a voir les premiers crocus du jardin et j'entend le printemp dans le chant des oiseaux du ciel , mais surtout je vous ai rencontéé grace a un medecin radiologue de Bayonne qui m'a dit de vous lire et me voila en train de vous parler avec un immence plaisir Merci, encore Merci  la vie est belle j'ai 58 ans et je veux vivre plainement le temps qu'il me reste . a bientot je viendrai vous lire souvent <br /> Commentaire n°3 posté par cheverry jeanine le 20/02/2009 à 09h30<br /> <br /> <br /> Et ben, je suis touchée, émue et tellement contente. Touchée par ces mots, émue de voir jusqu'où mon blog se promène, contente de constater qu'il est considéré et bénéfique à quelques uns. Mon neurologue était emballé à l'idée en évoquant la possibilité à terme de créer une association de malades. Je suis déjà heureuse qu'il nous permette de savoir que nous ne sommes pas seuls malgré le tout petit nombre de malades. Si en prime, il est apprécié du personnel médical, je vais y voir un gage de qualité, hihi. Quel beau métier qu'apicultrice  je suis admirative! Quel merveilleux cadeau que ces compagnons protecteurs! Soyez la bienvenue et n'hésitez pas à laisser des commentaires!  J'ai envie d'un lieu coopératif. J'ai des milliers de projets dans la tête pour le blog et chaque intervention nourrit mes pensées vagabondes avec bonheur. Au plaisir sincère de vous relire et de partager nos petites expériences.<br /> <br /> Réponse de fée des agrumes le 20/02/2009 à 13h43<br /> <br />
Répondre