Il était 5 heures du matin et je m'étonnai de ce réveil en pleine nuit alors que la vessie était calme. Étrange. La veille, j'étais tellement amorphe et j'avais éteint pour m'endormir une heure plus tôt que d'habitude, pourquoi donc ne pouvais- je faire la nuit complète? Il y eut d'abord une agitation interne, l'incapacité à rester tranquille, la tête assaillie de tourments vagues et flous, circonstances agaçantes quand je suis si fatiguée et avide de repos. Je finis par aller aux toilettes.
Un malaise diffus me prit, comme une nausée avant étourdissement. «Vite, au lit avant que cela ne dégénère». Survint insidieusement la sensation que des mains invisibles enfonçaient leurs doigts derrière mes globes oculaires pour les sortir de leurs orbites. Aïe, aïe! Je n’aime pas du tout, cela me rappelle des douleurs de 2006 dont je ne veux plus. Ayant éternué quelque fois les jours précédents, je me mouchai songeant à un encombrement des sinus; si le nez gouttait un peu, cet effort ne provoqua rien qu'une douleur lancinante dans toute la tête. Olala, cela ne présage rien de bon. Bientôt j'eus la sensation d'avoir été battue de plusieurs coups de gourdins sur le crâne. Je me hâtai alors de prendre quelques granules contre des douleurs de sinusite vu que le tour des yeux me faisait mal. J'attendis quelques minutes le sommeil en vain. Mon état ne s'arrangea pas.
Le chat râlait, je me souvins du vide de sa réserve à croquettes et ne trouvant pas le sommeil à 5h30, je me levai pour satisfaire le félin bruyant. Vaseuse, la tête embrouillée, le corps engourdi, je commençai à comprendre quand j'allumai la lumière. Cette dernière provoqua une douleur plus forte aux yeux, elle m'était insupportable et je me sentis vraiment très mal. Retour précipité au lit encore. Mon garçon se réveilla pour partir en classe, il était 6 heures. Aucunement étonné de mes allées et venues, il m'interrogea sur ma localisation et je lui répétai à trois reprises: « Je ne me sens vraiment pas bien, je crois que je fais une migraine».
La lumière et le bruit me frappaient la tête, c'était de plus en plus évident et je ne tenais ni debout, ni couchée, ni assise. Vite, vite, je plongeai la main dans la réserve à granules afin d'y retrouver ceux qui m'avaient été prescrits il y a plusieurs années. Heureusement, je les gardai sous la main au cas où. Un regard dans mes notes renforça la posologie et je retournai au lit, mal en point à tourner pendant plusieurs minutes avant de trouver enfin une position biscornue qui ne me tourmentât pas trop. Doucement, la douleur s’atténua et je fus ravie de l'efficacité du traitement. Fiston partit, je dormis deux heures supplémantaires.
Au réveil, j'étais rassurée, mes yeux ne s'arrachaient plus, ma tête ne battait plus. Je restais toutefois vaseuse, engourdie alors que le programme était chargé. Tant pis, je ferais avec.
Cela faisait tant d'années que je n'en avais pas faite, je n'en gardais qu'un souvenir lointain. Je n'avais pourtant rien mangé de particulier la veille.. à moins que ce ne soit le beurre sur l'épi de maïs... ou une accumulation de petits trucs... je n'en sais rien. C'est un effet secondaire des traitements après tout, pourquoi irais- je chercher plus loin? De toute façon, je suis fatiguée depuis des semaines, la tristesse ne me quitte pas, je ne suis pas en bonne période. Peut- être ne pratiqué- je plus suffisamment et régulièrement de Qi gong ces temps- ci? Même ça, je le repousse ou n'y songe pas tant ma lassitude est grande.
Cette après- midi là, j'avais rendez- vous avec le neurologue. J'y arrivai la mine marquée et m'en expliquai de mots et gestes désinvoltes. Je ne voulais pas évoquer la grande fatigue et la tristesse, d'autres nouvelles étaient bien plus positives à dire, je préférai leur donner toute la place car cette saleté de maladie est impitoyable pour de nombreux malades; mes sursis sont des dons du ciel que je savoure systématiquement.. surtout que je suis effrayée à l’idée de me dégrader et de revenir aux souffrances et douleurs de 2006. Et puis quoi? Me fourguer une cure de cortisone? Non merci. Mon corps parle, j'entrevois quelques raisons dans le flou des dernières semaines et je laisse de la place car, ce qui m'importe, c'est de vivre. Et ce qu'il y a à vivre, je vais le vivre.